‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 38 sur 173 · CHAPITRE I. LES SACRIFICES ISRAELITES H · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LES SACRIFICES ISRAELITES H

par le Lévitique n'en est pas influencée. Il en résulte un fait important : la règle qui attribue la poitrine et la cuisse droite aux prêtres dans le sacrifice de communion est ancienne et certainement antérieure à l'exil. Car si elle était postérieure, elle ne ferait pas de distinction entre les deux parts.

Or, l'école de critique biblique * est arrivée à un résultat tout contraire; elle admet que la règle est postexilique. C'est même l'argument le plus fort sur lequel elle a fondé la prétendue opposition entre le rituel sacrificiel préexilique et le rituel postexilique. Pour cela, elle s'appuie sur Deutéronome, XVIII, 3, qui fixe comme redevance à fournir aux prêtres : l'épaule, les mâchoires et l'estomac. Ce serait la règle anciennne qu'on aurait modifiée, après l'exil, à l'avantage des prêtres.

II y a lieu de remarquer, en premier lieu, que le Deutéronome^ comme l'a observé Schûrer, à la suite des auteurs juifs, vise ici, non les sacrifices accomplis dans le sanctuaire, mais les immolations pratiquées hors du sanctuaire-, et il n'est pas surprenant qu'on rencontre des variantes suivant les localités. Du fait que les règles auraient été différentes à Jérusalem et à Hébron, par exemple, on ne peut en déduire que la première n'est que la rectification de la seconde. Mais, d'autre part, il n'est guère douteux que le passage du Deutéronome est en mauvais état : la mention des mâchoires est absolument inadmissible ; elle se rectifie aisément en la mention des graisses ^, que les prêtres devaient faire brûler sur l'autel. Quant à l'estomac, le

1) Nous renvoyons aux commentaires du Lévitique de Bertholet et de Baentsch.

2) Emil Schûrer, Ge$ch. d. jiidischen Volkes im Zeitalter J.-C, II, 4' éd., 1907, p. 310, en s'appuyant sur les textes de Philon, de praemiis sacerdotum, § 3 ; 'Atto o£ tc5v s;to xou pou.ou Ououevtuv, et de Josèphe, Ant. Jud., IV, 4, 4. Cela n'empêche d'ailleurs pas Schûrer d'opposer Deut., XVIII, 3, à Lévit.,Xy 14-15. Cf. Mishna, Hullin, X, 1-2 et Halla, IV, 9. Nous avons vu plus haut que Lévit., XVII, 3-7, avait pour objet d'interdire les immolations particulières.

3} Nous proposons, en effet, la correction très paléographique de halehayaim en ha-halabim.

lU LES ORIGINES CANANÉENNES DU SACRIFICE ISRAELITE

terme qeba qu'on traduit ainsi est fort incertain ; il peut fort bien désigner la poitrine. Dans ce cas, la seule différence qu'offrirait notre passage du Deutéronome avec le Lévitique consisterait dans la mention de l'épaule au lieu de la cuisse.

Léi'i/., X, 14-15. On spécifie que la poitrine et la cuisse, après balancement sur l'autel, appartiendront aux prêtres qui pourront en manger en famille, avec leurs fils et leurs filles, dans un lieu pur.

LiUnt., XXll, 1-13. On précise les conditions à remplir pour pouvoir manger ce que, dans la langue sacerdotale, on appelait « les saintetés d'Israël ». Est écarté de la consommation des aliments sacrés, tout membre de la famille du prêtre qui serait lépreux ou toute femme dans sa période mensuelle, celui qui aurait été en contact avec un individu souillé par le contact d'un cadavre, qui aurait touché une bête impure ou un individu qui lui aurait communiqué une souillure quelconque.

La souillure dure jusqu'au soir et, pour le pontife, elle l'oblige à un bain. Après le coucher du soleil, le personnage redeviendra pur et pourra toucher à la nourriture sacrée» car c'est sa subsistance. Il est fait interdiction absolue de manger d'une bote morte ou déchirée.

Suivent quelques cas spéciaux : comme nul profane ne doit manger d'une chose sainte, celui qui demeure chez un prêtre ou son salarié n'en mangera pas. Toutefois, un esclave acheté à prix d'argent ou né chez lui pourra en manger. Si la fille du prêtre est mariée à un profane, elle ne mangera pas des saintes offrandes, sauf dans le cas où devenue veuve ou divorcée et n'ayant pas de postérité, elle est rentrée dans la maison de son père comme au temps de sa jeunesse.

Le sacrifice de roinmunion, a en jni^'cr {tar sa tt(M|ucnce dans 1 Ancien Testament, était le plus répandu de tous les sacrifices ; c'était

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