CHAPITRE I. — LES SACRIFICES ISRAELITES
Cédron. Chacun des côtés oriental et méridional avait son canal particulier, ce que nécessitait la rampe qui accédait à l'autel et qui était placée sur la face sud, vers l'angle sud-est *.
Par l'offrande du sang et de la graisse, laite ici dans des conditions particulières qu'autorise l'intimité du prêtre-oint avec son Dieu, l'alliance qui les unit est rétablie. En môme temps que le prêtre-oint se régénère ainsi, il se décharge sur l'animal de la faute commise. Il eût été illogique que la chair sacrée, chargée de ses propres lautes, fût absorbée par le prêtre ; on avait donc recours à l'élimination tolale par le feu, comme dans le cas de la minka du prétre-oint. De plus, on considère que la victime portant un mal particulièrement grave, celle-ci devra, pour éviter de contaminer le sanctuaire, être transportée au dépôt des cendres grasses que le Lévitique qualifie de <( lieu pur^ ». On a voulu prendre ce terme pour un euphémisme^; mais il n'y a pas lieu de recourir à cette explication car l'impur et le pur à haute tension constiluent des forces également dangereuses et dont on distingue mal la nature. 11 y avait hors du sanctuaire, ainsi que nous l'apprend Ézéchiel, une dépendance du temple, qu'il appelle miphqad'', affectée à ces cérémonies et où l'on conservait, notamment les cendres de la vache rousse avec lesquelles on préparait l'eau lustrale •'^. La combustion totale éliminait ou détruisait tous les principes mauvais qui étaient concentrés sur l'animal. Peut-être, dans la pratique, cette expiation du prêtre-oint a-t-elle été régularisée et se confond-elle avec celle prescrite une fois l'an^. Cette offrande du taureau expiatoire est la première opération qu'Ézéchiel envisage pour faire l'expiation sur le nouvel aulel de Jérusalem, le purifier et l'inaugurer^. Nous reviendrons sur ce point à propos du bouc expiatoire. Ézéchiel recommande de procéder une fois l'an, le premier du premier mois, à la purification du sanctuaire et de l'autel au moyen du sang du taureau expiatoire*.
1) Voir Middot, III, 2, édit. O. Holtzmann, p. 78-79.
2) Lévii., IV, 12.
3) Bertholet, Leviticus.
4) Ezéchiel, XLIII, 21 ; ef. Nchémie, III, 31. Il semble qu'ilyait une allusion au même emplacement dans Jérémie, XXI, 39. Nous proposons de corriger le ;L*~pai d'Ezéchiel, XLV, 4, en ^pS'2V. dans l'emplacement fixé s'élèveront les habitations des prêtres et un mipliqad pour le sanctuaire. M. Clermont- Ganneau a reconnu le terme de miphqad dans l'inscription phénicienne C/S, I^ 88; ce devait être un autel assez important puisqu'il était muni de degrés portant eux-mêmes des statues.
5) Voir ci-après, chap. HT, | 7.
6) Exode, XXX, 10.
7) Ezéchiel, XLIII, IS et suiv.
8) Ezéchiel, XLV, lS-19. Sur ce dernier rite, voir ci-après, chap. III, § 8.
420 LES ORIGINES CANANEENNES DU SACRIFICE ISRAI 1 1 I i
Lcvit.^ \\ 1, 28. Il est prescrit à celui (jui J)rùlera l'animal hors du camp, de laver ses vêtements et de se baigner. Alors seulement il pourra réintégrer le camp.
Nouvel exemple de l'indistinction entre le sacré et l'impur. De môme à Hiérapolis quiconque touchait, par exemple, une colombe — animal éminemment sacré — était déclaré im()ur.