CHAPITRE I. — LES SACRIFICES ISRAELITES \i'i
d'une force sacrée moindre qui n'obligera plus à l'élimination complète par combustion, mais permettra la consommalion par les prêtres. Par analogie avec la cérémonie du bouc émissaire, c'est probablement en pratiquant la semikha qu'on confesse le péché, comme l'impose Lévit., V, 5. Le rile oral vient compléter le rite manuel de la semikha ^
Ces règles sont sommairement enregistrées dans Nombres, XV, 27 et suiv., où il n'est prévu pour l'expiatoire d'une personne que l'offrande d'une chèvre -^gée d'un an.
Dans le cas où l'homme du commun manquerait de ressources suffisantes, le Lévitique admet, comme dans l'holocauste, l'offrande de tourterelles ou de pigeons. Deux pièces sont exigées, Tune servant à l'expiation, l'autre à l'holocauste.
Le sacrifice expiatoire consistant dans l'offrande d'un dixième d'epha de farine dont on brûle une partie, est fort intéressant car il se rattache à un tout autre système, à celui de la minha. Il est à celte dernière comme l'expiation sanglante est à l'holocauste, c'est-à-dire, ainsi que nous le verrons, un simple dédoublement.
On admet communément avec Stade et Wellhausen que les versets de Lévit., V, 1-6, qui fournissent quelques exemples de cas nécessitant un hattat, ont été arbitrairement insérés dans l'exposé des cérémonies constituant le pro peccato^. Bertholet précise même que ces versets pourraient remonter au temps d'Ézéchiel, c'est-à-dire à une époque où, suivant ce savant, la distinction entre le hattat et Vasham n'était pas encore établie 3. Cette hypothèse est des plus arbitraires. Il est vrai que, si on les compare, les descriptions du hattat et de Vasham apparaissent tout à fait parallèles et cela est normal. Toutefois, au premier, s'ajoute cette sorte de complément que constitue Lévit., V, 1-6, spécifiant les substituts dont, en cas de nécessité, on pourra user. Il est bien évident que cette concession ne pouvait être admise pour le second, car c'eût été une prime donnée au vol que Vasham sert tout spécialement à expier. Il n'y a donc pas lieu de déplacer les versets Lévit., V, 1-6. La division des chapitres est mal faite, il aurait fallu attribuer Lévit., V, 1-13 au chapitre précédent*, mais l'erreur n'est pas imputable à l'auteur qui a très logiquement conduit son exposé.
1) Il n'est pas improbable que Psaumes, XXXII, 5, qui célèbre la confession des péchés, soit en rapport avec le sacrifice expiatoire. Voir Prou., XXVIII, 13.
2) Stade, Zeitschr. d. alttestam. Wissenschaft, 1895, p. 178. Voir la réfutation décisive d'Eerdmans, Altl. Studien, Bas Bach Leviticiis, p. 9 et suiv.
3) Bertholet, Leviticiis, p. 11.
4) L'incertitude manifestée par L. Gautier, Introduction à VA. T., 2* édit., I, p. 76, ne nous paraît donc pas justifiée.