‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 59 sur 173 · CHAPITRE II. LES TAUIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. LES TAUIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS

ils tant tenu à ces spécifications s'il ne se fut agi que d'os à ronger ? Ce n'est pas admissible.

La voie que nous ouvre la comparaison avec le Lévitique nous mène à des résultats plus satisfaisants. Le terme punique nSyi se rattache sans conteste à la racine hébraïque '"^ïn d'où le mot hébreu qui signifie « côté », et à la racine arabe ( r^L d'où le mot arabe wousl ou wisl^ a membre du corps» iiiaiiiloiiu pal* une jointure. Nous sommes donc autorisé à supposi i' au vocable punique le sens de (c cuisse », probablement la cuisse droite. Quant à ri''2:p , il est naturel de le rattacher à la racine QSR et de comprendre la poitrine figurant l'animal raccourci ; en arabe, qasarat désigne la base du cou.

On sait qu'à Jérusalem la poitrine était « agitée », c'est-àdire balancée au-dessus de l'autel où le fidèle avait apporté de ses propres mains la graisse de l'animal ^. La cuisse droite revenait au prêtre qui avait offert le sang et il la mangeait dans le temple avec toute sa famille. En Grèce, on trouve également, comme parts attribuées aux prêtres, la cuisse droite o£;.ôv cxsÀo?, la poitrine, ctt-Ooç, la peau, la tête, les pieds ; mais la répartition n'a pas la même fixité ^. Les analogies entre les rites sacrificiels sémitiques et les rituels grecs tiennent à ce que les uns et les autres sont fondés sur des conceptions biologiques semblables, non à ce qu'il y a eu emprunt. Entre les rites carthaginois et les rites Israélites cène sont plus de simples analogies, mais souvent une complète identité aussi bien dans la pratique de l'opération que dans la doctrine, comme en témoigne la classification des sacrifices.

On peut également relever des similitudes avec le rituel babylonien ^ ; mais elles ne dépassent pas ce qu'on peut

1) Lévit., VII, 24 et suiv. ; cf. ci-dessus, chap. 1, m. .".

2) Stengel, Opfergebrâuche der Griechen, p. 170.

3) Zimmern, dans Die Keilinschriften und das Alte Teslamenl, S* édit., p. 594- 601 ; P. Ilaupl, Babylonian éléments in ihe Levitical niiual, dans Journal of Biblical Literalure, 1900; J. Morgenstern, The doctrine of Sin in the Babylonian Reliy ion, 1905.

130 LES 0!nOINES CANANEKNNKS DU SACRIFICE ISRAELITE

attendre <{< |).mi;.1<^ qui .ui, etenaient des rapports

constants et qui parlaient des langues apparentées. Les tentatives faites pour dériver purenifiit < t simplcni. n! 1 cananéen du babylonien ', n'ont abouti ({u'a mettre en évidence l'originalité du premier. Il se distingue par une organisation très ferme, L: es cooidonnée et une simplicité logique qui COnlr;isl(» aussi bien a\-ec !"a lia nhic (îc^ lihi' ! s qu'avec la complexité des rituels baijy Ioniens.

Les divers tarifs cartbaii^inoîs sont assez sem])lables pour qu'on lenlc de les rcsiiliici- le> uns pai- les autres ; il ue semble y avoir de différence que daiis la valeur de certaines redevances. C'est ainsi que le grand tarif de Gartbage, conservé au British Muséum -, offre des conditions un peu différentes. Pai- e\eui[)le, {)oui- les grands sacrifices, on ne semble plus prévoir l'achat de l'aniinal siuiili. au t(Mni> . mais en r«>vanche — com iii(> dans Tliolocauste à Jc'tu la peau revient au prêtre. Voiei, pour plus de ciar' tableau de ces prescriptions qui valent pour les deux > fices kalil et pour le sacrifice de communion. Les t( i;,. entre crochets sont ic^lihies (Tapirs d auhts fragments similaires, notamment le fragment du Louvre.

( La peau aux prêtres;

Taureau. \ , ^ ,./ .„ ,

( les cornes (?) au sacrifiant.

,„,,. , (La peau aux prôlres;

Bélier. { , ^ ,„.^ ... ,

^ ' (les cornes (?) au sacrilianl.

[ Mouton. I ^ La peau au prêtre avec la graisse des en-

[Bouc.l ( Irnill.'s Vt Ir^ pir.ls].

La peau au |>rrlif.

[Agneau.] (

Chevreau.] )

fCoq.) f Poule. 1

2 zars au pi-r-tn

i altribur au saciifiantquenous désignons comme étant les cornes, est noté mm dans le texte. Auiun rappro-

1) On trouvera un Immi •xposé des pratiques sacerdot.-ihs l)nl)ylonieniu*8 dans Lagrangc, Etudes sur les Religions sémititiues, 2* édit., p. 222 et suiv. Pour l'indépendance de la langue religieuse préexilique au regard de Tasayrien, voir no8 remarques dans JRev. de l'Hist. des lieL, J919, II, p. 360-3<i3.

2} Corpus inscript, semiticarum, l, 167. On ne doit pas se dissimuler qtifragmentaire de cette inscription laisse placée beaucmip (rinrntitti.l.

Cil.VlMTUK II. — LES T.VHIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS 151

chement philologique n'éclaire ce mot; mais on rem;! qu'il n'est mentionné qu'à l'occasion du taureau et du bélier. Il s'agit donc d'un organe fort développé chez ces animaux, inexistant ou très réduit chez les autres : les cornes répondent à cette condition '. En tout cas, ce ne peut être aucune [)a!l!." des chairs, puiscjue la [)r('Sci-iption concerne, entr'autres, l'holocauste.

Ici aussi, dans le cas du sacrifice de communion, noire tarif mentionne que la poitrine et la cuisse — ou du moins les organes que nous avons ainsi identifiés, — ^^ sont réservées aux prêtres.

Page 1