SLibstitats el sacrifices nonscuiglcints
A la suite des grands sacrifices sanglants, le tarif de Marseille passe en bloc aux offandes de moindre importance, qu'il range sur une même ligne. Ce sont d'abord les oiseaux -^ qui, probablement, servaient de substituts, mais étaient utilisés aussi dans des sacrifices particuliers : sacrifices pour exorciser comme la coutume en a subsisté chez les Israélites pour la femme après ses couches, le lépreux, etc^ Les oiseaux servent à prendre les augures. On remarquera que la colombe ne figure pas dans ces sacrifices ni dans les listes latines citées plus haut. Par contre, dans le Lévi-
1) On ne saurait «lire exactement la valeur (apotropaï<iue ?) que le sacrifiant attachait aux cornes du taureau ou du bélier ni l'usage qu'il en faisait. Rappelons seulement que, dans la légende de Gilganiès, le héros détache les cornes du taureau qu'Engidou a mis en pièces et les voue à son dieu Lougal-Banda pour servir à renfermer l'huile des onctions rituelles. En Israël aussi les cornes ont servi à renfermer l'huile d'onction; I Samuel, XVI, 1 , 13 ; I Rois, I, 39. On sait que les cornes du bélier servaient à faire des trompettes qui jouaient un rôle dans le culte. Il ne faut pas négligernon plus le sentiment de vanité que raille Théophraste, Caractères, XXI, 7 et qui consiste pour le sacrifiant à « afficher » son sacrifice en clouant la peau du front avec les cornes de l'animal à l'entrée de sa demeure. Mais Théophraste méconnaît que cette vanité, le sacrifiant la tirait de la certitude qu'il avait de s'être assuré la propitiation.
2) Outre le passage de Porphyre cité plus haut, p. 130, Eudoxe dans Athénée. IX, 47, mentionnent que les Phéniciens sacrifiaient des cailles à Héraclès.
tique, pigeons et tourterelles sont admis, notamment comme substituts. Il se pourrait donc qu'à Garthage, comme en Syrie et en Phénicie, ces oiseaux aient joui d'un caractère sacré particulier^ qui les écartait des sacrificps.
Les ntt?*Tp naip sont les préinico- orrespondant
aux bikkourim de Palestine : « Si vous vouiez offrir à Yahvé une offrande de prémices {bihkourini) , ce seront des épis grillés au f(ui, des grains broyés'^ ». C'est encore le reskit kol'bikkom Loi et le res/tii "ailsotekem d i>.cc liici .
Le ztbah svd <->\ une offrande d'aliments, peut-être de farine ou de pain '* et le zebah sheinen un sacrifice d'huile ^; dans un passage du troisième Isaïe, qui vise le culte de Melqart, il est question d'offrande d'huile ^\ Pour tous ces sacrifices, il est versé 10 oboles à chaque prêtre.
Le fait que le terme zebafjL soit appliqué ici à des sacrifices non sanglants prouve non seulement l'unité de conception du sacrifice, comme l'a remarqué Robertson Sniilh -, mais
1) Lucien, di' fJ' ! ; Bochart, Ifierozoïcon, II, I, 1, à propos de i accusation portée t. .lis contre les Samaritains d'adorer les colombes- Comparer Voltaire, Histoire de CharU-s XIJ, édit. Hrochard-Dauteuille (Hacl»€lte), p. 35: « Peu de Moscovites osaient manger du pigeon, parce que le Saint-Ksprit est peint en forme de colombe. »
2) /-/'0..11, M. Voir encore L<fu., XXill, 10 et suiv., avec le rite de ragit;»ii<^" « I.ors(|iie... vou-lon-'Z la moisson, vous apporterez une gerbe comin inices et le prèhe agitera cette gerbe devant Yahvé ». Prémices sur le» m. ..> puniques, voir Ph. Berger et R. Gagnât, Bulletin archéol. du Comité, 1889, p. 264.
3) Kzéchiel, XLIV, 30.
4) Voir Josué, IX, 5; IJ et suiv. ; Robertson Smith, Relig.of Sémites, 2' édit, p. 222, n. 1.
5) Le sacriflce d'huile parait avoir été anciennement en usage en Israël ; rf. Miellée. VI, 7.
<;) Isaie, LVII, 11.
7) Robertson Smith, op. cit., p. 220. Cette acception do zebah semble avoir entraîné une modification plus profonde de la valeur de ce terme dans certains milieux africains. Ainsi dans les dédicaces néopuniques de Guelma. on a proposé de lui donner le sens d'offrir, dédier ; cf. J.-B. Chabot. Punica, dans Journal asiatique, I91G, p. 511 et suiv. On peut comparer l'évolution du terme assyrien naqû qui, du sens « verser une libation », a fini par signifier Hacriller et môme sacrifler une brebis ; cf. Zimmern, Akkadischc Fremâtoôrter, 2" édif., p. (;5-H«J. Nous expliquons ce dernier cas comme une mise en valeur de la libation de sang du sacriQce sanglant, comme lorsque les arabes qualifient de nousouk les sacrifices où l'un pratique l'immolation ; cf. Welihau^en, Peste arahischen llcidcntums, p. 118.