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CHAPITRE II. — LES TARIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS

encore l'identité des rites pratiqués, en ce qu'une partie de cette farine et de cette huile devait probablement être brûlée comme le prescrit le Lévitique : «... on prendra delà farine et de rhuile une poignée avec tout l'encens ^ » pour brûler sur l'autel. Le reste de l'oblation revenait aux prêtres. En dehors de laconsommation qu'en pouvaient faire ces derniers, l'huile devait servir à l'éclairage du temple. On sait le soin avec lequel il était ordonné au grand-prêtre, à Jérusalem, de préparer la lampe pour le chandelier et de Tentretenir du soir au matin, continuellement, devant Yahvé. Pour cet office, il était prescrit aux Israélites de fournir de l'huile d'olive pure ^. En dernier lieîi, le tarif de Marseille mentionne la minhat (hébr. : minha) qui se composait de gâteaux de farine (SS2 3), de lait (:aSn^), ou de toute autre offrande (non sanglante). Le nom porté parlesgâteaux de farine, Z^ûîZom/ rappelle la recette du Lévitique : on cuit au four de la farine fine en gâteaux sans levain, pétris {balouloi) avec de l'huile ^. Seraient-ce ces gâteaux, sortes de brioches coniques, qu'on voit sur certaines stèles puniques sortant d'un moule cylindrique et la surface striée de losanges ^ ?

1) La mention de l'encens manque dans nos tarifs et cela s'explique probablement par le fait que, comme en Israël, les simples particuliers n'étaient pas admis à ofTrir un sacrifice d'encens dans le temple ; cf. Exode, XXX, 34 et suiv. ; Lévit., 12 et suiv. ; Nombres, XVIII, 11 et ci-dessus, chap. I, vr. Peut-être que, pour accompagner certains sacrifices non sanglants, une pincée d'encens était ajoutée par les prêtres contre les dix oboles versées, car l'encens figure à Carthage dans une liste ayant trait à des prescriptions sacrificielles, CIS, I, 166; cf. Lév., 11,2; XXIV, 6 et suiv. ; ailleurs, on relève l'usage du baume dans les sacrifices, Rev. de VHist. des Bel., 1914, I, p. 425 et Ballet, archéol. du Comité, 1917, p. 167.

2) Lévit., XXIV, 1-4.

3) Dans les comptes de Citium {CIS, I, 86 A, ligne 9) il est question de hallot.

4) Le texte de la ligne 14 (voir appendice II a) porte deux fois ce même terme et l'on a supposé que, la seconde fois, le vocable désignait la graisse. On ne saurait l'admettre, car la graisse ne peut figurer au milieu des sacrifices non sanglants. C'est un simple doublon dû au lapicide.

5) Lévit., II, 4 et suiv. Jérémie, VII, 18, montre les femmes de Jérusalem pétrissant la pâte pour confectionner des gâteaux en l'honneur de la reine des cieux ; cf. Jérémie, XLIV, 19.

6) CIS, I, 2017, 2150, 26.52. Autres formes de gâteaux, Ph. Berger et R. Gagnât, Bulletin archéol. du Comité, 1889, p. 2'Ù2-'2CA.

\r)'t LKS ORIGINES CANANEENNES DU SACRinCK ISMAELITE

Celte suite de prescriptions se termine par des dispositions spéciales à l'égard des sacrifices offerts par les associations : nilzrah, shaphah, marzeah ^ ou tout autre groupe. Chaque groupe ne paye quo \:\ rodovancn d'un sacrifiant.

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