Munit l'édifice de fenêtres grillagées
5. Il construisit des étages^ contrôle mur de l'édifice, tout autour du hekal et du debir ; il y établit des chambres*.
6. L'appartement^ inférieur avait cinq coudées de large, celui du milieu six coudées et le troisième sept coudées, parce qu'on avait bâti en retrait le pourtour extérieur du temple afin de ne pas en entamer les murs^.
Les dimensions fournies par le verset 6 sont des dimensions intérieures ; l'auteur veut expliquer une particularité assez rare, celle d'appartements qui s'élargissaient à chaque étage. L'ensem-ble de l'édifice est, en plan, fort analogue à celui que présentent les temples égyptiens. Ainsi, le temple de Khonsou, élevé par Ramsès III et ses successeurs au cours du douzième siècle avant notre ère"^, offre essentiellement les mômes éléments : une cour donne accès à une salle hypostyle formant pronaos ; de là on pénètre dans le naos ; enfin, on trouve un adyton. Des chambres sont disposées tout autour de ces deux derniers éléments. Par contre, l'organisation des temples assyro-babyloniens est toute différente. On observera encore que, si les termes elam et hekal dérivent de vocables assyriens, par contre le mot dehir ne se prête pas à un rapprochement avec l'assyrien. Quant à l'orientation est-ouest, elle ne dérive pas
1) Insérer ce verset à cette place avec de bons mss. des LXX. Le désordre que les copistes ont apporté dans le texte a eu pour conséquence de priver dft leur sujet les verbes qui suivent : il munit, il construisit.
2) Traduction douteuse. Nous biffons sheqouphim et lisons haloni[m] atoumim par analogie avec Ezéchiel, XL, 16 ; XLI, 16 ; 26.
3) Biffer avec les LXX : et-qirot ha-bait sabib.
4) C'est probablement là qu'il faut situer la chambre des lits dont il est question à propos d'Athalie, II Rois, XI, 2. Le passage correspondant d'Ezéchiel, XLI, 5 et suiv., est en très mauvais état. Cela tient à ce qu'il a subi des modifications et additions successives pour l'harmoniser avec le livre des Rois; de là aussi son développement anormal.
â) Lire probablement ha-sela' ; LXX : T:A£upa. Le P. Vincent maintient le texte massorétique,
6) Le mur était construit en retrait à chaque étage et s'élargissait à mesure qu'on descendait pour porter les poutres des planchers.
7) Voir le plan dans Maspero, Hi:;toire ane. des peuples de l'Orient classique^ II, p. 5.^2.
52 LES OHIGINES CANANÉENNES DU SACRIFICE ISRAÉLITE
nécessairement, nousTavons vu, delà coutume égyptienne'-
8 2. L'entrée de l'appartement inférieur ^ se trouvait dans laile droite du temple, de là on montait par un escalier à palier ** à Télage du milieu, et de celui-ci au troisième.
Ezéchiel mentionne une entrée sur la façade nord, une autre sur la façade sud •>. Si notre texte ne mentionne que cette dernière, c'est qu'elle avait une importance particulière. On remarque encore aujourd'hui, à l'occident de la sakhra, un escalier qui descend directement de l'esplanade intérieure — la plus élevée — à l'esplanade qui enveloppe cette dernière ; on peut conjecturer qu'il en était de môme dans l'antiquité : un escalier, probablement plus étroit, conduisait directement, des appartements disposés autour du temple, dans la ville. Gela explique l'entrée ménagée dans l'aile sud du temple.
9. Il acheva de construire le temple et le couvrit^ de cèdre.
10. Il construisit l'édifice latéral contre tous (les murs) du temple ; «a hauteur était de quinze*^ coudées. (Cet édifice) était joint au lemple par du bois de cèdre.
46*. Il revêtit de panneaux de cèdre l'espace de vingt coudées for-
i) Voir ci-dessus, p. 60, n. fi.
2) Le verset 7 : « On nemploya que des pierres saines de la carrière dans 3a construction du temple ; ni marteau, ni hache, ni aucun instrument en fer ne fut entendu dans le temple durant sa construction », parait être une réflexion du rédacteur.
3) Lire ainsi avec les LXX et le targoum, au lieu de l'apparlement du .milieu.
4) On traduit généralement « escalier tournant », ce qui ne paraît pas en •eitualion à cette haute époque.
ii) Ezéchiel, XLI, 11.
6) Le sens de « couvrir » proposé par le P. Vincent vaut mieux que •« lambrisser ». Pour l'opinion contraire, voir le commentaire de Benzingcr. Biffer gebim oa-sedcrot, glose qui manque aux bons mss. des LXX.
7) Correction souvent proposée au texte massorétique qui porte « cinq ». fie rédacteur pensant vraisemblablement à la hauteur de chaque étage.
8) Les versets 11-13 n'appartiennent évidemment pas à la source an- <^ienne. Ils manquent d'ailleurs aux bons mss. des LXX. Le verset 14 doit -«tre reporté après le verset 3. Le verset 15, qui manque à certains mss. des J.XX, est un simple raccord.
mant rarrière-corps du bâtiment, depuis le sol jusqu'aux poutres* et il constitua le debir ^.
17. L'espace de quarante coudées^ constituait le hekal en avant ^ du debir.
20^. Le debir''' avait vingt coudées de long, vingt de large et vingt de haut\
21. Il fit l'autel de cèdre ^ devant le debir et il le recouvrit d'or.
L'école de critique biblique se refuse à identifier cet autel avec l'autel aux parfums, elle y voit la table des pains de proposition. On semble y avoir été entraîné par la démonstration de Wellhausen, dont on trouvera plus loin la réfutation^, qui ramenait à une basse époque l'usage de l'encens dans le culte israélite. On cherche, d'autre part, un appui dans Ézéchiel qui ne mentionne pas l'autel aux parfums, mais simplement la table des pains de proposition à l'entrée du debir ^^. C'est toujours la même erreur de méthode, qui conduit à reconstituer le temple de Salomon par
1) Lire qlroi avec les LXX.
2) Le moi debir est glosé par « saint des saints ». On admet généralement depuis Benzinger, ainsi le P. Vincent, que la seconde partie du verset : vayiben lo mi-bait li-debir est un développement du rédacteur. On faitvaloir que ce passage est d'explication grammaticale difficile. C'est possible, mais il faut prendre garde que nous connaissons mal la langue architecturale.
3) Biffer avec les bons mss. des LXX et la Vulgate les mots ha-bait hou.
4) Lire avec plusieurs mss. des LXX et la Vulgate li-phenè ha-debir.
5) Le verset 18 manque à certains mss. des LXX et paraît un développement ultérieur: « Le cèdre, à l'intérieur du temple, portait des coloquintes et des tleurs sculptées ; le tout était en cèdre, la pierre n'apparaissait pas. » Le verset 19 est une remarque du rédacteur : « Le debir avait été disposé à l'intérieur du temple pour recevoir l'arche d'alliance de Yahvé. »
6) Biffer ve-li-phenè.
7) Nous supprimons « et il le recouvrit d'or pur », exagération évidente qui s'inspire peut-être du verset suivant. 11 se peut aussi que le rédacteur ait été influencé par les embellissements successifs ; cf. II Rois, XVIII, 16.
8) Ces mots sont pris au verset précédent. De plus, au lieu de va-yesapK il faut lire avec les LXX va-ya'^as. De bons mss. grecs ne mentionnent pas le cèdre. Biffer avec ces mss. tout le début du verset 21 jusque et y compris be-ratiqot zahab.
9) Ci-après, chap. I, vi.
10) Nous expliquerons plus loin, chap. I, u, 4, la conception d'Ezéchiel et l'évolution dont elle témoigne.
54 LES ORIGINliS CANA.N HENNES DU SACRIFICE ISRAELITE
une vision d'Kzéchiel. Au regard de ces arguments, dont le premier est manifestement erroné et le second bien fragile, on peut opposer la mention catégori([U(', dtns I Rois, VII, 48, de l'autel d'or, c'est-à-dire l'autel aux parfums, à côté de la table des pains de proposition. On écarte trop facilement ce témoignage en prétendant que l'autel d'or a été inséré ici tardivement. Car, outre que les versions concordent avec le texte massorétique, il faut admettre, si l'on a ainsi corrigé le verset 48 du chapitre VII, que la même correction a été introduite dans le verset 21 du chapitre VI. Cette correction est invraisemblable si, comme le croit Eerdmans, l'autel des parfums n'existait pas dans le second temple K
23 *. Il fit pour le debir deux keroub en bois d'oUvier^.
26. L'un des keroub avait dix coudées de hauteur ; de môme le second keroub 013) avait dix coudées de haut.
24; L'une des ailes du keroub avait cinq coudées, l'autre également cinq : dix coudées d'une extrémité des ailes à l'autre.
25. Dix coudées également pour l'autre keroub; même dimension et môme forme pour les deux keroub.
27-*. Il plaça les keroub au milieu du temple intérieur^. Ils étendaient leurs ailes ^ de sorte que l'aile d'un (keroub) touchait le mur et celle du second keroub le mur opposé, tandis que les autres ailes se touchaient, aile contre aile, au milieu du temple.