‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 70 sur 173 · CHAPITRE II. LES TARIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. LES TARIFS SACRIFICIELS CARTHAGINOIS

appeler une correction : Agag a dû être brûlé en l'honneur de Yahvé sur le haut lieu de Gilgal*. C'est là un sacrifice expiatoire personnel. Agag pouvait être brûlé comme englobé dans le herem. Un exemple comparable apparaît dans le cas de Akan, fils de Karmi, qui est voué au herem comme ayant dérobé un objet consacré au herem. Akan est lapidé, puis son corps est brûlé-. De même la fille d'un prêtre, qui se prostitue, commet une faute particulièrement grave en ce qu'elle « profane son père » ; elle sera brûlée^.

La théorie, sinon la pratique, du sacrifice humain, entant que sacrifice expiatoire, conservait toute sa force au temps du deuxième Isaie. L'Ebed-Yahvé s'offre lui-même en sacrifice ^ ; il porte le péché d'un grand nombre et intercède en leur faveur ^. Ainsi, une des conceptions les plus barbares des anciens cultes a fourni un développement théologique dont on sait l'extraordinaire fortune.

1) I Samuel, XV, 33, au lieu de va-yeshasseph, (apax leg.), nous lisons vayiseroph Shemouel et-Agag U-phenè Yahvé ba-Gilgal.

2) Josué, VII, 15.

3) Lévit., XXI, 9. C'est la peine que Juda, pour la même faute, veut infliger à sa belle-fille Tamar ; cf. Gen., XXXVIIl, 24.

4) Isaïe, LUI, 10. D'après ce que nous avons vu plus haut, si l'auteur emploie le terme asham, c'est qu'il s'agit d'un sacrifice de réintégration.

5) Isaïe, LUI, 12.

Page 1