‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 75 sur 173 · CHAPITRE III. — RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE d · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE d

les fils d'Aaron. Du sang est répandu tout autour de l'autel.' La graisse de la victime, un gâteau azyme, un gâteau à rhuile et une galette, la cuisse droite sont mis entre les mains d'Aaron et de ses fils ; c'est l'acte de « remplir les mains ». Moïse prend de leurs mains ces éléments du sacrifice pour les balancer devant Yahvé, puis les fait consumer par le feu. Moïse balance également la poitrine devant Yahvé, mais cette part lui revient en propre. Il prend alors de l'huile d'onction et du sang pour en asperger Aaron et ses vêtements, ses fils et leurs vêtements, afin de les consacrer. Ce qui reste du bélier est cuit devant la tente d'assignation et mangé là par Aaron et ses fils avec le pain qui a été apporté dans la corbeille. Les restes de la chair et du pain seront consumés par le feu. Aaron et ses fils séjournent devant le tabernacle pendant les sept jours nécessaires à leur consécration K

Ce dernier sacrifice, qualifié de sacrifice d'installation, n'est pas autre chose qu'un sacrifice de communion où Aaron et ses fils mangent la part des fidèles, où Moïse s'octroie la part du prêtre officiant et où la part qui devrait revenir au collège des prêtres, c'est-à-dire la cuisse droite, est jointe à la graisse pour être offerte à la divinité. Tout ce cérémonial est manifestement calqué sur les rites décrits dans les premiers chapitres du Lévitique. Il leur est étroitement apparenté.

Pour Wellhausen, la qualité de grand-prêtre n'apparaissant qu'après l'exil, la consécration décrite ci-dessus ne peut être antérieure à cet événement. Et comme on n'a pu oindre de grand-prêtre pendant l'exil, ce n'est qu'au retour de l'exil, probablement en 444, que le rite d'onction fut institué. Ces conjectures mêlent des éléments hétérogènes. Ce ([ui est récent, c'est la rédaction qui cherche à projeter ces rites à l'époque de Moïse et amène une intervention abusive

1) Lévil., VIII, 22-36. Exode, XXIX, 36-37, spécifie que la même cérémonie est répétée pendant ces sept jours. Comparer avec la consécration de l'autel décrite ci-après.

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de ce dernier. La cérémonie habituelle d'installation ne mettait cji présence que le nouveau prêtre et la communauté des prêtres. On lui « remplissait les mains », en y mettant notamment la cuisse considérée comme prélèvement sur les sacrifices de communion. Nous avons expliqué plus haut pourquoi le Gode sacerdotal prétendait que cette partie de la victime avait été balancée comme la poitrine ^

A l'époque la plus ancienne, celle des Juges, c'élail un chef, un s/iophefy tel que Gédéon, par exemple, ou peut-être Eli, comme nous le verrons au chapitre 1\ , (jui fondait un sanctuaire et y installait un prêtre, souvent son propre fils. Tout à fait significatif est l'exemple de Mika. Dans une première version, certainement la plus ancienne, Mika fonde un sanctuaire et « remplit la main » d'un <!( >es fils, c'est-àdire l'installe comme prêtre'. Le rédacteur, après avoir exprimé sa réprobation pour ce choix -^ adopte une autre version où ce n'est plus un fils de Mika qui opère, mais un lévite engagé pour dix pièces d'argent par an, l'habillement et la nourriture^*. Si le terme de lévite, comme on Ta proprosé, a tout d'abord désigné un prêtre, on conçoit comment par la disjonction de la parenté et du titre, on a pu aboutir à deux récits^. En tout cas, l'expression rituelle « remplir les mains » et, par suite, le vocable niillouim définissant l'installation du prêtre sont anciens 6. L'essentiel

1) Ci-dessus, p. 111 et suiv.

2) Jages, XVII, 5.

3) Ibidem, 6.

4) Jaijes, XVII, 10. On voit que, delà cérémonie adoptée plus tard et comportant l'acte de vêtir, d'oindre et de remplir les mains {F.xodt\ \'\\\ ÎII. Il), seule l'onction parait manquer ici.

0) Sur ces deux récits, voir encore chap. IV, § 3.

6) On a rapproché l'expression assyrienne: muHA qâtê au scii aner

l'investiture », mais, contrairement à Zimmern, Akkadische Frefmiwricr, -j* éd.» p. 10, l'expression Israélite doit être empruntée au cananéen plutôt qu*^ l'assyrien. Kn araméen, l'expression était het]im, instituer, comme sur la stèle de Teima qui représente une scène d'installation dont l'acte principal est un sarrillce. La stèle de Teima montre que la consécration d'un prêtre entraînait celle de ses enfants, lignes 20-22: » El que ni dieux, ni hommes n'enlèvent :>alm-Shezel}, llls de Petosiri, de ce temple, ni sa postérité, ni son nom, prêtres dans ce temple [à jamais]. >•

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