CHAPITRE III. RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE
nécessité de les transporter hors du temple pour les consumer entièrement. Celui qui les aura brûlées, lavera ses vêtements et se baignera, ainsi que l'homme qui aura mené le bouc à Azazel dans le déserta
Le rite du bouc émissaire offre des analogies avec d'autres pratiques. Ainsi avec la purification du lépreux où l'un des deux oiseaux est sacrifié tandis que l'autre, concentrant le mal, s'envole dans les champs.
L'expulsion du péché est une fonction essentielle du sacrifice. Un rite analogue est décrit ipar Deutéronome y XXI, 1-9, qui vise le cas* où l'on ne parvient pas à découvrir l'auteur d\m meurtre accompli dans les champs. Il s'agit de lier par un sacrifice Tâme errante du mort qui, d'après les notions qui meuvent les cultes agraires, empêchera que la terre cultivée ne porte son fruit tant que la voix du sang criera de la terre vers Dieu-. Ainsi on l'expulsera avec le péché qui, pour être anonyme, n'en existe pas moins. A cet effet, les Anciens de la ville la plus proche du lieu du crime prendront une génisse qui n'aura pas encore porté le joug ni labouré la terre. Ils l'amèneront dans un ravin où coule une eau, qui ne tarit pas, et où on ne laboure ni ne sème. On brisera la nuque de l'animal ^ et les Anciens, en se lavant les mains au-dessus de la génisse diront : « Nos mains n'ont pas versé ce sang et nos yeux ne l'ont pas vu... )> Le sacrifice de la génisse liera l'esprit errant, et l'eau courante l'emportera avec le péché.