‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 91 sur 173 · Le nazir · texte numérisé non relu

Le nazir

Le vœu ne se limite pas toujours à un sacrifice^; il peut revêtir la forme d'une consécration. Pour la personne, la

1) Lévil., XVI, 25-28. .

2) Genèse, IV, JO-12.

3) Deutér., XXI, 5, qui introduit inutilement les prêtres, fils de Lévi, est «ne addition manifeste.

4) Le sacrifice est remplacé parfois par le versement d'une somme d'argent ; cf. LéviL, XXVII.

JOO LKS ORIGINES CANANEENNES DU SACRIFICE ISRAELITE

consécration est obtenue par certaines abstinences ou bien entraîne telle ou telle abstinence; la question n'est pas toujours claire. L'objet consacré devient saint, ne peut être vendu ni échangé, cependant le rachat peut intervonir : on se libère par une somme d'argent que fixe le prêlif.

Le na/.ir fournit un exemple de consécration assez comf)lexe^ La racine nazar étant étroitement apparentée à la racine nadai\ « vouer », le terme nazir a bien le sens de « consacré » et ce n'est qu'avec le temps qu'il s'est réduit à celui d'abstème. Mais cette consécration a ceci de remarquable qu'elle ;iff' (tf^ plus spécialement In clH-vclurc, un des sièges particuliers de la vie ; de là, les prescriptions que nous rencontrerons ci-après. Nous ne connaissons pas la cérémonie de consécration du nazir — on ne nous décrit que .les rites de sortie, — mais nous pouvons conjecturer qu'elle consistait entr'autres, à imposer le nezer sur la tôte^. Ce vocable désigne, notamment, le diadème porté par le roi^ ou le grand-prétre* ; c'était alors un bandeau d'or comme ceux qu'on a trouvés dans les sarcophages royaux de Sidon. Pour le nazir ce devait être un simple lien retenant la chevelure ; mais déjà, dans nos textes, nezer est compris dans le sens abstrait de consécration, àvvsi'a, àyvtaaô;, comme traduisent les LXX.

Les croyances populaires, qui s'attachaient à la chevelure» jouaient, non seulement dans les légendes'*, mais aussi dans les rites, un rôle que nous concevons mal quoiqu'il en subsiste des traces très nettes dans nos textes. Une des plus curieuses < -i I opération de magie sympathique, que nous a conservée Ézéchiel lorsqu'il brûle un tiers de ses

2) Nombres, VI, 7 : « Le nezer de son Dieu est sur sa télé ». Compare'* Psaumes, LXXXIX, 40 : • Tu as profant^ son (lia(i('mc (ni:ro) en le jetant par terre »é

3) Il Samuel, I, 10 ; II Rois, XI, 22.

4) Ce diadème porte également le nom de ?^v; voir ci-dessus, p. 47.

f)) Nous en aurons un exemple au chap. IV dans la légende de Samson. Voir sur le tabou de la chevelure, Frazer, Taboo and péril of the Soûl, II, p. 258 et suiv.. notamment p. 261-262.

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