CHAPITRE III. RITKS ISRAELITES MUS PAR LE SACRII ICE ÎOI
cheveux, frappe un auLie tiers avec le glaive et disperse le reste à tous les vents ^ L'importance mystique de la couronne, ^atara^ découle des mêmes notions, mais le rapport s'est ici plus rapidement obscurci. La 'atara n'est pas seulement la couronne du roi-, c'est aussi celle que porte, ou est censé porter celui que le bonheur consacre par la richesse^, la possession d'une femme vertueuse^ ou celle il une famille nombreuse-'. Les buveurs s'en paraient dans leur béatitude^ et ce fut un des gages les plus expressifs qu'on accorda aux morts.
Un homme ou une femme peut prononcer le vœu de nazir, c'est-à-dire se consacrer temporairement à Yahvé'. Cela entraînera l'abstention de vin^ et de toute boisson enivrante, même de tout produit de la vigne. Le fer ne doit pas toucher la tète du nazir; celui-ci laissera pousser sa chevelure, jusqu'au terme de son vœu. Il doit se garer de toute souillure ; il ne peut approcher un corps mort, s'agirait-il de son père ou de sa mère.
S'il ne remplit pas ces conditions, par exemple si quelqu'un vient à mourir subitement auprès de lui, il s'isolera sept jours. Le septième jour, il rasera sa chevelure et le huitièuie il apportera au prêtre deux tourterelles ou deux pigeons. L'un servira au sacrifice expiatoire, l'autre à l'holocauste.
Cela fait, il pourra de nouveau consacrer sa chevelure en vouant à Yahvé la môme période de naziréat et en offrant,
1) Ezéchiel, V.
2) Il Sam., XII, 30; Zacharie, VI, 11 et 14 (le vocable est à mettre au sin gulier, il ne s'agit que d'une couronne). Le terme keter est d'origine assyrienne et ne s'applique dans nos textes qu'à la Perse ; cf. Esther, I, 11 ; II» 17; cf. VI, 8 (ornement des chevaux perses).
3) Proverbes, XIV, 24.
4) Prov., XII, 4.
5) Proy., XVI, 31; XVIII, 6.
6) Isaïe, XXVIII, 1.
7) Sur les conditions de validité de ce vœu ; cf. Xombres, XXX.
8) Les Hekabites avaient fait ce vœu de façon perpétuelle ; cf. Jérémie, XXXV. Les nazirs sont mentionnés par Amos, II, 11-12 ; ce dernier verset est souvent tenu pour une addition.
comme asham, un agneaiurun an*. Ce dernier acte est particulièrement intéressant; c'est un véritable sacrifice d'intégration après enlèvement de la chevelure. Les commentateurs estiment qu'ici la mention de Vasham est boiteuse et qu'elle constitue l'addition d'un reviseur '^ C'est qu'ils ne se font probablement pas une idée exacte de Vasham. Nous voyons le na/.ir couper sa chevelure dans deux cas : à la fin de son vœu ou s'il devient impur. Dans le premier cas, il réintègre la vie profane dans les conditions que nous examinerons ci-nprès ; dans le second, il abandonne l'âme de sainteté (lui \ iciiL d'être souillée pour se rétablir dans un état nouveau de sainteté. Le processus est celui <l uiip initiation : il perd son âme de nazir en perdant sa chevelure ; on y substitue l'âme de sainteté que le sacrifice met en liberté. Précisément nous avons vii, notamment dans le cas du lépreux guéri, que Vasham définit le sacrifice de réintégration.
Le temps du vœu régulièrement oxpire, le nazir, amené devant la tente d'assignation, offre un sacrifice complet» c'est-à-dire constitué par un expiatoire, un holocauste et un sacrifice de communion. Dans cette cérémonie, qui est le point culminant du vœu, l'expiatoire n'est qu'un sacrifice d'introduction; il se compose d'une brebis d'un an sans défaut^. L'holocauste consiste en un agneau d'un an sans défaut; le sacrifice de communion comporte un bélier sans défaut et une corbeille d'azymes^*. Au moment où s'accomplit le sacrifice de communion, le nazir rase sa tête consacrée, à l'entrée de la tente d'assignation, et jette sa chevelure dans le feu du sacrifice.
Il n'est pas exact de dire, avec Stade, que le nazir aban-
1) Nombres, VI, 12.
2) Ainsi iiolzinger, Namfri, p. 27 cl suiv.
3) L'ordre véritable de la cérémonie est donne par Nombres, \ I. If». On a été souvent trompé (ainsi Osrar Holl/.mann, dans son édition de Middot, p. G8) par le verset 14 qui cite les sacrifices, non dans l'ordre où ils s'accomplissent, mais par ordre d'importance.
4) La Mishna {Middot, II, 6) mentionne ane cellule des oazirs où ceux-ci font cuire le sacrilice de communion.