‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 98 sur 173 · CHAPITRE m. RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. RITES ISRAELITES MUS PAR LE SACRIFICE

à la colonie militaire juive d'Éléphantine par un certain Ilananya, en conformité d'un édit de Darius (an 5 = 41V) av. J.-G.) adressé par le roi à Arsamès, gouverneur perse d'Egypte. Le texte présente d'importantes lacunes : manquent à peu près la première moitié de chaque ligne et quelques lettres à la fin. Il ne peut se restituer complète- 111 Mit; mais les éléments restitués sont certains tant l'analogie est grande avec TExode et le Deutéronome.

Pap., 6, 4 maintenant vous compterez ainsi [1]4

5. [jours du début de Nisan *, pour commencer la fête de pâque] et du 45 au 21 [Nisan]

6 vous serez purs et prendrez garde^; [vous ne ferez

aucun] travail ^;

7 [ne] boirez * et toute chose qui [contiendra] du levain,

8. [vous n'en mangerez pas depuis le 14] au coucher du soleil jusqu'au 21 de Nisa[n] ^...

9 vous monterez dans vos chambres^ et vous mettrez un sceau (?) entre les jours...

La première question qui se pose est celle de savoir si Tédit de Darius, qui renfermait ces prescriptions, s'étendait aux Juifs de tout l'Empire perse ou seulement aux Juifs d'Egypte. A première vue nous avions accepté la première hypothèse ~; mais à la réflexion nous croyons devoir nous limiter à la seconde. On nous dit, en effet, expressément, que l'édit était adressé à Arsamès, par suite il est aventuré d'en généraliser la validité aux autres provinces. Une con-

1) Exode, XII, G; «... Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois (Nisan). »

2) Probablement : vous prendrez soin de rester purs.

3) Deutér., XVI, 8 : a tu ne feras aucun travail » ; cf. Exode, XII, 16 : « aucun travail ne sera fait en ces jours, si ce n'est ce qui sert à la nourriture de chacun ».

4) Probablement : vous ne boirez pas de boisson ferraentée. Cette prescription manque dans l'A. T.

5) Exode, XII, 18 : « Depuis le 14 de Nisan au soir, vous mangerez des pains sans levain jusqu'au soir du 21 de ce mois » ; cf. Exode, XII, 16 et Deuiér., XVI, 8.

6) DeuUr., XVI, 7 : « et tu iras dans tes demeures. »

7) Dans Revue deVHist.des Religions, 1911, II, p. 347.

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firmation de ce point de vue résulte du fait (|ii<i notre texte passe SOUS silence, donc, ne permet pas, l'immolation de l'agneau pascal. Cela ne peut répondre qu'à un cas particulier, et {)réti ' Ml 'lit plusieurs papyrus s'accordent |)«»iir montrer que 1 autorité gouvernementale interdisait les sacrifices sanglants à Eléphantine. M. Clermont-Ganneau a supposé, avec beaucoup de vraisemblanc*', (jik^ Tliostilitédes prêtres de Rhnoub et la destruction du temple Juif d'Eléphantine eurent pour cause principale le fait d'avoir transgressé cette interdiction. Mais l'interdiction ne devait pas être limitée à Eléphantine; ce que nous avons vu plus haut touchant le kalil en Egypte nous permet de penser à un fait valable pour tout ce pays.

Dans ces conditions nous ne pouvons souscrire à la conclusion que Steuernagel et Ed. Meyer ont tirée du papyrus G, à savoir que chez les Israélites la fête des azymes ne serait pas antérieure à l'époque perse '. Nous pensons, au contraire, que, dès leur installation en Canaan, les Israélites ont appris à combiner le sacrifice pascal avec la fête des azymes.

Bien plus, la tradition israélite parait être dans la vérité lorsqu'elle ne voit qu'une seule et même cérémoni( luis cette succession de sacrifices et d'oflVandes qui mar(|ue le mois des « blés nouveaux » : « Offre de l'orge à la pAque, dit Kabbi^Aqiba, car c'est la fête de l'orge, pour que la moisson soit bénie pour toi'^. » Ainsi, le temps de la moisson est un temps sacré marqué par des rites d'entrée et de sortie*^ : la pâque et la pentecôte. L'unité de ce temps, dont

1) Steuernagel, Zeitsch. drr alltest. Wissensch., 1911, p. 10; Ed. Meyer, Per Papyrusfund von Eléphantine, p. 91 et suiv. Nous n'acceptons pas davantage les vues qu'a exposées A. von Hoonacker, Une communauté judéo-araméenne à Eléphantine en Eyypte, aux Vh et V' siècla av. J.-C. {The Schweich Lectur "" v . p. 18, en réfutation à la théorie d'Ed. Meyor.

2) Cité par P. Ficbig, Hosch ha-schana, p. 41.

8) Ces rites d'entrée et de sortie sont notamment signalés par Texpre»sion miqra qodesh (Voir sur ce vocable, ci-dessus, p. 30,n. 1) ou encore par le terme a^eret (JoCl, I, 14 ; Amos, V, 21 ; Il Bois, X, 20). Tardivement celui-ci a été appliqué spécialement au rite de sortie. Les LXX le

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