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CHAPITRE VI

Partout où le démembrement a atteint son maximum d'effet, l'ancienne villa, l'ancienne curtis, né survit que dans la tradition populaire. Elle n'est plus un domaine, elle est un territoire1, une potestas1, ou bien une circonscription rurale, un locus, un vicus1 : division seigneuriale, ressort de justice4, banlieue de village, elle est tout cela, suivant les circonstances et suivant les régions6. Elle est en

1 L'expression «in territorio ville... »est fréquente pour désigner la situation topographique de champs appartenant à d'autres que le seigneur de la villa (Cart. deS.-Vaast, p. 271, 272, etc.)* Quand un nouveau pas est franchi, la villa n'est plus qu'une circonscription rurale. Par exemple, Cart. Roussillonnais : « infra terminos de villa F. » (1036, p. 55), « in villa A. vel in ejus termines » (1046, p. 61 j, « in pago L. voira fines de villa A. » (1063, p. 68), etc.

* Cartul. de Romainmotier, p. 23 : « Concedimus donamusque omnes servos nostros in ancillas , qui in ipsa villa vel potestate manent » (Charte de Rodolphe III, 1011); p. 54 : « Placuit nobis deprecatio domini Odilonis, abbatis Rom. monasterii, ut servitium ei concedere debeamus de quibusdam homines, in potestate sua degentes, in villa quae dicitur Bannens... » — Dans le cartulaire de Guimann,le territoire de deux villœ (celui de Biach et de Pelve), devenues des villages, est appelé de même potestas (Cart., p. 363).

3 C'est, au xie siècle, le sens usuel du mot villa.

4 La villa devient une subdivision de la vicaria ou centaine. Dans la Saintonge, notamment, pagus, vicaria, villa sont les divisions normales (Voyez, par exemple , Cart. de S.-Jean-dJAngély, ms. lat. 5451, f« 108 v°. Cartul. de S.-Ëtienne de Baigne, p. 46-47, p. 71, etc.).

* En Alsace, le territoire d'un village s'appelle encore de nos jours bann. C'est l'étendue de terre sur laquelle s'exerçait jadis le droit de police (bannum) du propriétaire de la villa. Cf. pour la Lor-

même temps le champ d'application d'une coutume locale, d'une lex terrœ. Fut-elle jadis une chef-villa [villa principalis, villa capitanea), elle garde une sorte de prééminence, elle joue le rôle de fchef-lieu.

Ouvrez les cartulaires, pénétrez dans cette forêt de textes si luxuriante et si touffue, vous retrouverez, malgré l'épaisseur du feuillage et l'entrecroisement des routes, la direction et les traces de cette transformation. Une charte nous servira de modèle et de guide.

Uncbald, seigneur du château de Vierzon, possédait des domaines dans le pays chartrain. La chef-villa était Vêtus Viens, Vieuvicq. Uncbald commence par détacher quatre petits domaines (mansionilia) qui en dépendent, et les donne à la cathédrale de Chartres. Son fils, deuxième du nom , distribue en fief une partie des terres à ses hommes, à ses fidèles. A la génération suivante, le démembrement s'accentue et s'aggrave. Trois fils d'Uncbald II se partagent ses domaines. Ils en prennent un morceau pour constituer une dot à leur sœur, ils découpent dans le surplus des fiefs à leurs vassaux. Voilà donc à l'œuvre l'inféodation et le régime successoral, la volonté et la loi : voici maintenant comme causes efficientes les autres conditions sociales que j'ai décrites. Les seigneurs résident au loin. Dès lors, les domaines sont dépiécés par des usurpations incessantes, dévastés par les guerres privées et les razzias. De toutes les possessions originaires, il ne reste aux trois petits-fils d'Uncbald que des terres désertes et un unique colon. Est-ce même un colon? Non. C'est un homme des bois, un nomade, un vagabond. Son nom le dit, Gauthier Malœuvre, son genre de vie le démontre. Il ne laboure pas le sol, il vit du miel sauvage qu'il récolte, des oiseaux et du gibier qu'il tue.

raine : « dedi... villam B... eu m omnibus appendiciis suis in campis, pratis, silvis, aquis et quicquid procul vel prope ad bannum pertinet ejusdem ville » (Charte de Thierry, évêque de Verdun, 1082; Bibl. nat., MS. lat. 12867, f> 23 r°).

Une libéralité fait passer cette épave domaniale aux mains de l'abbaye de Marmoutier. L'abbaye ne peut songer à reconstituer le domaine primitif. Elle réussit seulement, l'argent aidant, à rentrer en possession d'une partie des terres usurpées, et elle conserve à l'ancienne chef-villa sa qualité de chef-lieu, en y créant un prieuré où sera centralisée l'administration des intérêts temporels et spirituels qu'elle a dans cette région '.

Si de l'ensemble nous passons aux parties constitutives, nous observons des phénomènes analogues.

L'ancienne partie seigneuriale , le mansus dominicatus, — ou ce qui en subsiste après les démembrements qu'il a éprouvés, — retient une supériorité nominale et effective : nominale, elle s'appelle chef marne, caput mansus*, cap-

1 « Uocbaldus olim quidam honorât us ac nobilis Virsonensis castri possessor in pago Biturigeosi, inter caetera quœ in Carnotensi pago possedit, alodia ibi obtinuit quaedam, quorum caput, hoc est villa principalis, Vêtus Vicus appellatur, et his undique fînibus omnia limitantur...; e quibus scilicet alodiis quatuor tantum mansionilia, pater Uncbaldi illius, nomine et ipse Uocbaldus, dederat olim Carnotensi ecclesiac Sanctœ Mariée... Caetera ille Uncbaldus, Uncbaldi filins... partim in proprium te nuit dominium, partim suis hominibus de se tenenda donavit.

Post obitum quoque suum hereditario tenenda jure suis eadem dimisit heredibus; qui fuerunt Uncbaldus, Gaufridus atque Rodbertns, qui propriam postmodum sororem honorato cuidam nomine G. tradentes uxorem , partem simul aliquantam illorum tradidere alodiorum, reliqua etiam suis, ut sibi visu m est, hominibus de se tenenda distribueront, qui tamen non solis contenti concessis, longe manentibus principalibus dominis extra sibi debitum quantum visant est cuique occupa vit impune. Interea bellis sxpius in hisce rtgionibus frequentatis in inviam suprascripta terra redacta solitudinem annis nullo minus VII et cultore omni caruit et incola, uno tantum, nec ubi veritas oflendatur, inhabitante excepto, non tamen aliquo terne cultu, sed mellis quœstu silvestris volucrumque atque feraruin viyente yenatu. Fuit hic nomine Gualterius M al a Opéra cognominatus » (1048-1061, Cartul. de Marmoutier, pour le Dunois, en. IH,p. 102-103).

s Voici la description d'un caput mansus dans le Rouergue. « Cedo caput mansom meum qui michi per conquistum obvenit... hoc est

mansus, capmasus, etc.; effective, certaines terres lui doivent des redevances ou des prestations.

Les te Dures deviennent des unités d'exploitation rurale, sous les qualifications et les formes les plus diverses, suivant que le commandent le plus ou moins de fertilité du sol, la moindre ou plus grande densité de la population, les modes d'assolement, la variété des cultures : manse, demi et quart de manse, appentis, courtil, borderie, casai, condamine, tels sont les principaux types qu'elles affectent1. Ces unités foncières sont rattachées isolément ou par petits groupes à des châteaux *, à des couvents et à

caput mansus meus, cum mansiones, cum ipso torculario, cum casa dominicaria, cum curte et orto, cum exeo et regresso, cum vineas et vinealis, cum terras cultas et incultas; et suât aripendi de vineas inter totos locos XVII; et est ipse alodus in vicaria Serniacense , in aro de villa quac dicitur Serra , in loco quœ vocatur Roqueta, ubi A. visus est manere; et est ipse caput mansus cum pratis, pascuis, silvis, garricis, aquis aquarumve decursibus et cum ipso farinario » (Janvier 966, Cari, de Conques, ch. 432).

La composition du chef manse variait naturellement suivant les régions : le nom pour le désigner variait de même. Il s'appelait ici capmansus ou capmasus, là mansus major ou mansus maximus; Cart. de Nimes, p. 164 : « Mansum majorem, ubi ego G. maneo, cum duas conda minas» (1007). — Petit cartuL de S.-Vincent de Soissons, MS. Dom Grenier, n° 233, î° 102 r°-v° : « Mansus maximus cum capella et edificiis indominicatis... cumclauso indominicato, centum vini modiorum, etc. »

Le chef manse subit le sort que la villa avait subi. Il se désagrégea à son tour par partage, vente, inféodation, etc. Dans le cartulaire de Nîmes, par exemple, il est frappant de voira quel point les capmansi, abondants au dixième siècle, deviennent rares au onzième. A la fin de ce siècle on n'en parle plus môme qu'au passé. « Terra ubi fuit caput mansi, » lisons-nous dans une charte de 1080-1096 (Cart. de Nîmes , p. 284).

1 Ces divisions de la propriété sont étudiées en détail et sur place dans le VIe livre où je décris séparément les diverses régions de la France.

* C'est une des origines de la chàtellenie, considérée comme circonscription territoriale. Les fermes, les terres, les vigueries, les paroisses deviennent des dépendances du château. Il en est le noyau,

des prieurés , on bien elles sont aux mains de paysans qui, tantôt détenteurs individuels du sol, tantôt étages les uns au-dessus des autres ou exploitant à plusieurs en commun, doivent des redevances et des services à une multiplicité d'ayants-droit.

Enfin, les landes, les pâturages et les forêts soumis jadis à l'usage commun des tenanciers de la villa demeurent terres communes. Chaque possesseur d'une ancienne tenure ou de sa subdivision y conserve une part de

le centre , le point culminant. Il les unit en districts : territorium ou terminus castri, castellania.

Cart. de Cluny, ch. 2779, III, p. 803 : « Dimidiam partem (castri) ... cum silvis et vineis, villis etiam atque pratis, aquis aquarumque decursibus, omniaque quœ ad medietatem ipsius castri culta et inculta pertinere videntur » (1023).

Cart. de S. -Victor de Marseille, ch. 58, 1, p. 86 : « Duas partes de castro quod vocant Auriol, cum sala dominica et duabus parti bus totiuB terri torii ejusdem casteili vel villae, cum terris cultis et incultis, etc... In omnibus itaque et peromnia de supradicto Castro Aurions et de appendiciis ejus, hoc est casteili 0. et villœ S. sive L. et castri vel villœ Sancti Saturnini... » (1040).

CartuL du château de Foix (Hist. du Languedoc, V, ch. 162, col. 345) : « Ipso castello quem dicunt Sexago cum ipsa castlania et cum ipsas vigarias quœ ad ipsum castellum pertinent, et cum ipsos alodes sicut Arnaldus pater meus ibi tenebatper ipsum castellum... Et ipsa mea parte de castello Minerba... cum ipsa terra quœ ad ipso castello pertinet... » (vers 1002).

CartuL de Savigny, ch. 430, p. 233 : « Venerabilis abbas Hugo... propter inimicitias hostium locum istum inquietantium , castellum qnoddam in parrochia Sancti Martini de Periculis construxit, ad munimentum monasterii nostri, ad quod videlicet castellum duodecim ecclesiœ parrochiales pertinent, quarum hœc sunt nomina... et décima tertia ecclesia Sancti Martini de Periculis , in cujus parrochia con8Î8tit » (vers 1000).

Cart. de Grenoble, ch. 1, p. 2 : « Salmoriacensi pagi talis est facta di visio ut undecim castella, cum ecclesiis et parrochiis et totis mandamentis suis, Viennensi ecclesiae; item undecim castella, cum ecclesiis et parrochiis et totis mandamentis sais, Gratianopolitan» ecclesiae dederentur » (2 août 1107).

Cari, de S.- Aubin if Angers, MS. fol. 96 (D. Housseau, III, n« 816) :

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jouissance proportionnelle \ sauf à payer le cens ou à s'acquitter des corvées dont cette jouissance est restée grevée. Il existe ainsi une corrélation étroite entre le droit aux communaux et l'étendue territoriale de la villa disparue *.

En résumé, là où avait prévalu le système de la villa. il fit place au système de la petite ferme. Le nom même passa souvent à celle-ci, pour la plus grande confusion de la terminologie. Il n'est pas rare de rencontrer des

« Cornes Gaufridus... affirma vit ex antiquo esse consuetudinem in Andecavensi regione ut si cornes Andecavensis fecerit caste 11 u m in medio quarumlibet parrochiarum terra sua?, ecclesia ipsius castelli tantum de circumjacentibus parrochiis optineat quantum palus vel fossatum aut alia flrmitas illius castelli in circuitu occupa verit... » Ainsi fut jugé (avant 1081).

Cart. de Cluny, ch. 2771, III, p. 793 : « In coraitatu G., in territorio castri quod appellatur Bellurajocum... in comitatu D., in territorium castelli quod nominantur Lunis...» (1022-1023).

Cart. des Guillems, ch. 507, p. 689 : « Castellum de Popiano, et ejus villam, totum scilicet alodium quod habeo in ipso castello et in ejus villa, et m toto terminio ejus castelli » (1112). — Cf. Charte de Louis VII, en faveur de l'église de Narbonne (1165), publiée par Dachery, Spicilegium, t. III, p. 539 : « In alodio suo et in castellariaf id est, termino ejusdem castri. »

1 « Ego Lambertus... dono... unum curtilum quem conquisivimus, ego et frater meus J., de Guilibertum cum vinea et bosco et omni usuario quod ad ipsum curtilum pertinet» (1028-1029, Cart. de Cluny, ch. 2809, IV, p. 42).

« Ego Aimo et uxor mea... dono... unum mansum... cum omnibus ad se pertinentibus et consuetudinario usu quem habet in silvis et pratis et aquis » (Cart. de Cluny, MS. xie s., f° 26 r°).

« Ego Aymo... dono... unum curtilum in villa quae dicitur Sarerias, et omnia quœ ad ipsum pertinent, videlicet ut usuarium in aquis, in silva, in pratis [habeat] homo qui super ipsum manserit » (Cart. de Cluny, 1049-1109, ch. 3261, IV, p. 373).

* Cartul. de Marmoutier, pour le Vendômois (MS. fo 25 v°, col. 2) : u Est et alia... terre totius descripte superius antiqua consuetudo quara simili modo ego quoque concessi , id est ut eam inhabitantes omnes tam dominantes videlicet quam subditi, ad universas proprias usus ediûcationis scilicet constructionisve cujuscumque vel foci ex

expressions comme la suivante : « villa.... in villa1. » Les détenteurs des petites fermes n'ayant plus de centre commun, tout en conservant une communauté d'intérêts, de relations, d'usages, de traditions, cherchèrent un point d'appui en eux-mêmes. Le lien religieux se substitua au lien domanial. L'ancienne église de la villa devint l'église de la paroisse1. La défense en justice des droits collec-

sepedicta silva (une forêt contiguë, la forêt de Gastine) sumere non vetentur » (1069, Charte de Geofroi, comte d'Anjou).

Même cartulaire (f° 30 r°, col. 1) : « Est adhuc et aliud quod habent omnes incole ejus generis privilegii. Assumunt enim de silva prozima quam vulgo Champeis nominant, non alicujus expectata jussione, quantum in usus proprios opus est. Sed si extra terminos alodii aliquid ex ea voluerint edificare aut construere aut inibi commanentes in usus proprios assumere , jam non nisi prius expectata et impetrata forestarii jussione aliquid eis licebit contingere. »

Cf. « T. etR... predium quod habebant apud Asprey, vobis partiti sunt, quicquid scilicet comprehenditur tribus fontibus... eft integritate, eft libertate quft ipsi in omnibus usibus possidebant... adjicientes extra hos terminos in omni terra sud quœ ad idem spectat prœdium, omnem in omnibus liberum vobis usum, pabulum scilicet pecoribus, armentis, equis vestris, pasnagium porcis, vobis autem et vestris piscationem, venationem, alvearia, si forte repererint apium, ©dificiis sylvam... » (vers 4122, Archives du Jura, prieuré de Marasl, titres non classés).

1 Cartul. de Beaulieu, ch. 132, p. 185 : « Hoc est villam meam quœ de Odolrico conquistavi, qui est in orbe Limovicino, in pago Torinense, in vicaria Asnacense, in villa quœ dicitur A Monte Bruallûy quantumcumque ad ipsam villam aspicit ... tam terras quam vineas, nec non etiam et s il vas... » (927-932). — Voir dans le même cartulaire les chartes 144, p. 499 (an. 930) et 152, p. 210 (an. 891).

1 Dès l'onzième siècle on voit les habitants d'un lieu s'obliger par des contrats collectifs à l'entretien de l'église et fixer les droits dus au desservant. Voici un de ces contrats :

« Convencionem fecitdomnus Alboinus, decanus Sancti Hylarii ... cum hominibuB rusticis de Sancto Hylario cui vocabulum est super Altizia (Saint-Hilaire-sur-1'Autize , aujourd'hui Saint-Hilaire-des- Loges, Vendée), ut unusquisque rusticus qui quatuor boves habuerit,

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tifs1, la disposition de biens communs1, l'accord pour se placer sous la protection d'an même seigneur, la formation de sociétés perpétuelles pour exploiter en commun des terres concédées*, d'autres, pour résister à d'intolérables

V sofidos dÎHNtUt ad suam sepultunuxi, et qui duos boves habuerit, H safidos et dimidinm ... et mulla alîa persona per vim in œternum plus requirat. Et illi omnes rustici convencionem pro eo habent ut ecclesiam aedificacionis adjuvent, et cooperient eam omni tempore iïfi et ipsi qui post eos fuerint. » — Suivent les noms d'une cinquai»- Laine de signataires, parmi lesquels deux marchanda, deux cordonniers, nn tisserand (Vers 1070, Cari, de Samt-Hièaire de Poitiers , ch. 85, p. 92).

( Un procès de cette nature nous est raconté par la charte suivante. « In terra conrmuni qu« est ht confinto Ait» Vtlto et Aqu»ductus, quœ est villa Sancti Stephanî Dhrionensis, ht/mines de Aquœductu pasturam et nemtcs per usuarium habent. Domini ver© AltœviHœ istud usuarium calumniati sont. Hommes autem de Aquseductu pro hoc usuario duellum firmaverunt et ad hoc diffiniendu-n Divionem in curiam Ducis devenerunt, ibîque supradicti calomniatores ... calumniam prorsus dimiserunt, pasturam et mortuum nemus et retortam de quatibet arbore hominibus de Aquxductu in perpetuum concesserunt » (Cart. de Saint-Etienne de Dijon, MS. r* 68) (t!28)i — Cf. Cartul. de Foigny'{MS. f° 48 v°, 49 r°) : « In terra qam est juxta Tewengî sub villa quae dieitur Ploiarth concesserunt liratribus ut pratum facerent et ets contra ejvsdem ruris rustieos qui inibi communto pascua se kaberedebere calumpniabantwr indefieientem warandiam se prebituros esse professi sunt » (1153).

* Une curieuse charte du cartulaire de Saint-Vanne de Verdun montre tous les habitants d'un village, hommes, femmes et enfants intervenant dans un. contrat de cession (Tune propriété commune et y donnant leur consentement : « Anno inearn. MCXVIII ... dederunt homines de Blezei curte ecclesi» nostrse sedem motendini in conûnio ipsius viltoe, cum omnibus necessariis molendino, scilîcet aquae exitu et decursu , pascuis quoque et omnibus usibus, laudaatibu3 omnibus haeredibus, hominibus et muKeribus, pueris et juvenibus , quod pariter omnes laudaverunt et gnerpiverunt ad opus Dei et ecclesiœ B. Witoni. Testes hujus traditionis fuerunt... » [Cart. de Saint-Vanne de Verdun. MS. !• 62 r«-v«).

* Les associations de tenanciers ont pu jouer, dans les campagnes, un rôle à certains égards analogue an rôle joué par les gui Ides d'artisans dans les villes. Elles sont encore fort peu connues. J'ai trouvé

vexations, engendrèrent un groupement rudimentaire dont la croissance, lente ici, rapide là, aboutit, dans les siècles suivants, à la commune rurale^-.

dans le cartulaire de Hesdin le pacte" çprisjfitutif d'une de ces associations. Il jette sur elles un jour i natte nfluV .Je le donne donc tout entier. " :*\% *-

« Noverint omnes Christi fidèles tam futurfqujrif- présentes quod domnus Bernard us prior ecclesiae Sancti Georgii* Hesdin iensis , annuente capitulo , quibusdam hominibus de Aria eorumyùeMredibus quandam terram in eodem Castro ad jus ejusdem ecclesite pentinentem tamdiu jure hereditario possidendam tradidit quamdiu,nn festivitate S. Remigii quœ est in kalendis Octobris pro respectù ÀpéJM terre , scilicet pro unoquoque diurnali unum lot argenti sicut ïntef. /eos statutum est, monachis ecclesiae S. G. H. quotannis persolverinU .--, Si vero predictum censum usque in crastinum persolvere distule- V rint, secundum consuetudinem legum secularium solvent. Nomina gitur virorum cum quibus haec pactio facta est et censum pactionis quantum quisque persolvere debeat subtitulamus. A. i fertonem J. de S. A. i fert. W. S. i fert. R. i fert. et très los et xv denarios. S. M. m los argenti. E. G. m fert. et dimidium R. de B. i fert. R. de H. i fert. et dimidium G. de B. xvm den. W. de B. vmi den (Cari, de Hesdin, MS. P> 73) (xne s.).

Cf. même Cartul., f° 35 : « Eodem ... tempore participes supradicti Raineri, scilicet Amolricus Hugo atque Achardus tria curtilia cum appendiciis suis et unam mansionem quam juxta atrium cornmuniter possidebant, et quicquid in atrio juri suo mancipabant... donabant. »

Dans d'autres cartulaires ces participes sont appelés socii. Par exemple, Cartul. Saint-Symphorien d'Autun, MS. f« 39 ro : « De manso Aletini et sociorum ejus statutum est... Pro mansis duobus quos Stephanus et socii ejus tenent... »

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