‹ Les origines de l'ancienne France (volume 2)Chapitre 73 sur 91 · COMPAGNONNAGE, FEODALITE ET CHEVALERIE · texte numérisé non relu

COMPAGNONNAGE, FEODALITE ET CHEVALERIE

pitre, le lien personnel est resté un facteur essentiel, prépondérant, de la société féodale, si le lien réel n'a pris que lentement le dessus à mesure que l'inféodation se multiplia et se compliqua, sous la haute main de chefs d'État.

Les chartes sont insuffisantes pour nous éclairer à cet égard. Elles peuvent bien nous faire connaître le mécanisme de la concession de fief, nous permettre d'en démonter les rouages, mais elles ne nous laissent que rarement apercevoir le moteur. Pour l'atteindre, il faut que nous prenions contact avec la vie même des hommes d'alors , que nous sentions battre leur cœur et vibrer leur âme, que nous pénétrions dans leurs demeures, observions leur mode d'existence, leurs mœurs, leur état mental, les amitiés qui les unissent et les haines qui les divisent. Le pouvons-nous? Je le crois , grâce surtout aux chansons de geste. Elles vont nous montrer le compagnonnage survivant à l'époque que l'on considère comme le triomphe de la féodalité, survivant avec ses formes et ses effets anciens, non pas comme une institution stérile et surannée, mais en pleine sève et en pleine vigueur, et, pour tout dire, comme un organe de vie du régime seigneurial.

Esquissons d'abord à grands traits, avec toute la précision possible, le premier terme du parallèle, le compagnonnage primitif.

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