LE COMPAGNONNAGE DE L'ÉPOQUE FRANQUE
ce pas précisément le compagnonnage privé qui a fait la force de l'aristocratie mérovingienne, qui lui a permis de réduire la royauté à l'impuissance?
Dans la première période de la dynastie carolingienne , nul ne conteste plus l'existence du compagnonnage. Nous le retrouvons avec ses traits originaux. Le chef est un véritable chef de famille ou de clan, un ancien, un senior, auquel affection, dévouement et assistance, d'un mot la fides, sont dus , les com-pagnons sont les membres d'une même famille, des pairs, des égaux, qui se doivent protection, aide et conseil1. Mais ne fut-ce là qu'une apparition éphémère? Le compagnonnage s'est-il évanoui devant le régime féodal, comme une vapeur légère au soleil levant? J'arrive ainsi à la question soulevée au précédent chapitre.
1 Voyez les textes que j'ai cités, t. I, p. 231, et aussi les p. 224 et suiv. du bon livre de M. Emile Bourgeois, Le Capitulaire de Exersysur-Oise (1885).