‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 3)Chapitre 10 sur 55 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'époque gallo-romaine. — LE PATRONAGE.

L'État gaulois , à peine ébauché , ne pouvait tenir contre la forte discipline de l'État romain. Ses imperfections grossières facilitèrent la conquête : la conquête en fit table rase. La Gaule devint une province romaine, elle participa aux institutions comme à la culture de la métropole. Ce fut une efflorescence brillante de près de trois siècles. Puis la décadence vint. Pour maintenir un empire aussi immense, il aurait fallu à Rome un pouvoir d'une vitalité toujours jeune , d'une fixité inébranlable. Au lieu de cela, le pouvoir est livré à tous les désordres, rongé par le fonctionnarisme, soumis par les révolutions militaires à un état d'incessante fluctuation.

Il se produit alors comme une force centrifuge à tous les degrés de la vaste machine. Les provinces se donnent des chefs; fonctionnaires et sujets se détachent.

N'étant plus retenus au centre, les fonctionnaires deviennent omnipotents. Ils se préoccupent moins de servir l'État que leurs intérêts propres : confiscations, corvées et prestations arbitraires , exactions monstrueuses dans la levée des impôts , deviennent l'exercice régulier de la fonction publique*, et parfois durent après qu'elle

^ Const. Valent, et Valens (365) , Cod. Ne ruslicani ad ullum obsequium devocentur (H , 54) G. 2 : « Si qui eoruin, qui provinciarum Rectoribus obsequuntur, quique in diversis agunt offîciis principatus, et qui sub quocunque praetextu publici muneris possunt esse lerribiles, rusticano cuiquam necessitatem ohsequii, quasi mancipio suijuris imponant, aut servutn ejus vel forte bovem in usus proprios necessitatesque converterint...» — Nov. Majorien, tit. 2, De indulgentiis reîiquorum (458), § 1 : « Prœfectiani si quidem atque palatini, vel alia-

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