‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 3)Chapitre 33 sur 55 · CONTINUATION. — JUSTICE SUR LES RECOMMANDES · texte numérisé non relu

CONTINUATION. — JUSTICE SUR LES RECOMMANDES

A plus forte raison en fut-il ainsi plus tard. Le seigneur s'efforça, dans son intérêt personnel et dans un intérêt commun, d'écarter toute immixtion étrangère entre son protégé et lui, comme il le faisait pour les liommes composant sa familia. Suivant que ce résultat put être plus ou moins complètement atteint, la justice personnelle sur le recommandé fut plus ou moins absolue. Ici les hommes placés dans la commandise sont jugés par un tribunal de pairs, traités presque en hommes libres , et autorisés dans certaines circonstances à recourir à une juridiction du dehors, à un protecteur étranger. Ailleurs , ils sont hommes de potestas ou d'avouerie [advocatia), justiciables de leur seul seigneur, et peuvent être réclamés par sa justice en quelque lieu qu'ils se transportent, si un droit d'asile n'y met pas obstacle *.

hominibus qui super alterius res résident, etusque nunc a ministris rei publicœ contra legem ad placita protrahebantur, et ideo pignerabantur, conslituimus , ut secundum legem patroni eorum eos ad placitum adducanl. «

* Après la mort de Geoffroi III , comte d'Anjou , un seigneur appelé Aimeri renonce à la justice qu'il avait revendiquée jusque-là sur Valleu de Charzai, propriété de l'abbaye de Noyers. Il déclare cet alleu

désormais « liberum atque solutum absque ulla consuetudine , »

mais en faisant cette réserve : « Si forte aliqui ex meis commendatis in alodo a monachis habitare permittantur, si commendationem ad terminum sibi positum reddere contemserint, prepositus meus non audeat eos sequi, nec destringere in alodo, sed ad monachum obedientiam tenentem clamationem faciat. Si ei rectum facere noluerit, ubicumque extra alodum invenerit, capiat, et ut rectum fuerit judicet » (1061 , Cartul. de Noyers, Moreau, t. 27, f° 192 v°).

Accord entre l'abbé de Saint-Germain d'Auxerre et le vicomte de Saint-Florentin (1147) :

« In potestate de Villari-Vinoso habet vicecomes (Sancti Florentini) salvamentum in hominibus Sancli Germani; in eo qui de labore boum vivit, setarium avene ; in aliis unam minam... Omnes homines Sancti Germani qui sunt de potestate de Villari , debent vicecomiti semelin anno pertres dies, bien (biennum); et illi qui boves habent,

per duos dies carretum, et per très dies corvadam Homines Sancti

Germani ejusdem potestatis debent justiciam vicecomiti de forifacto

Tel de catallo suo proprio in eadem villa, vel in villa Sancti Florentini, vel in villa de Jauge. Aliter autem nullo modo eos justiciabit, quamdiu monachus vel major Sancti Germani eos justiciare voluerit. Quod si ab ipsis defecerit, deinceps per se vel per ministrum suum eos justiciabit » [Carlul. gén. de l'Yonne, I, ch. 281, p. 433-434).

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