‹ Les Origines de l'ancienne France (volume 3)Chapitre 35 sur 55 · CONTINUATION ET RESUME. — LA JUSTICE SPECIALE · texte numérisé non relu

CONTINUATION ET RESUME. — LA JUSTICE SPECIALE

Voulons-nous embrasser d'un coup d'œil , et comme en raccourci, les variétés principales de la justice personnelle et ses rapports avec la justice territoriale, je ne sais pas de document qui s'y prête mieux qu'une charte, plusieurs fois publiée, d'Agnès, comtesse d'Anjou, et de ses deux fils, Guillaume Aigret et Guidon *.

Le monastère de Saint-Jean d'Angély avait eu fréquemment à se plaindre des violences et des coupables exactions de ces seigneurs. Ils l'avouent et, en compensation, ils lui reconnaissent ou lui confirment la possession du bourg de Saint-Jean avec ses dépendances. La seigneurie (dominium) appartiendra aux moines. Mais cette seigneurie que comprend-elle, au point de vue de la juridiction? On nous l'apprend en faisant défiler sous nos yeux la plupart des justiciables de la justice personnelle. Ce sont les chevaliers ou vassaux {milites) , ce sont les fidèles ou les censitaires, peut-être les hommes de corps [homines burgi quijuris eorum sunt); ce sont les membres de la familia,

^ Cette charte se trouve en tête du Cartulaire manuscrit de Saint- Jean d'Angély, accompagnée d'une ancienne traduction française. Elle reparaît aux f"" 96-98 du même Cartulaire. Besly l'a publiée dans son Histoire des comtes de Poitou (Preuves, p. 328), en lui assignant la date de l'an 1048. Les auteurs du Gallia Christiana l'ont insérée dans leur recueil (II. 1ns trum., col 467-468), en la plaçant aux environs de l'année 1050. Tout récemment M. Giry en a donné des extraits dans son livre Les Établissements de Rouen (Paris , 1883), I , p. 290 suiv.

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