TROISIÈME PARTIE
LA CHEVALERIE
Nous avons reconnu trois vivantes assises à la seigneurie féodale : la parenté, la maisnie, la vassalité proprement dite. Rappelons-nous les éléments qui sont entrés dans la formation de chacune d'elles et nous les verrons converger vers un centre de gravité. Ce centre de gravité est la chevalerie.
Les parents, les hommes de la maisnie, les vassaux servent les uns à cheval, les autres à pied. Les uns, les fervestus , sont couverts de la lourde armure de guerre [garnement) : la brogne ou le haubert sur le corps , le haume en tête, les jambes protégées par des heuses et des hauts-de-chausses de fer, au bras gauche l'écu oblong à grosse boucle de métal, dans la main droite la longue lance de frêne ornée du gonfanon ou Tépieu carré, plus redoutable, et quand a été brisée la lance, jeté Tépieu, le glaive large et court à deux tranchants, le branc. Ils montent pour la bataille de grands chevaux de main, des destriers. Les autres sont armés, à la légère, du petit bouclier rond ou ovale [tarqe) , de l'épée longue et étroite, de piques et de haches, d'arcs et de frondes. De simples plastrons de cuir protègent leur poitrine, des bonnets leur tête. S'ils ont des montures, ce sont des chevaux de moindre taille ou même des mules.
A la grosse cavalerie appartenait sans conteste le premier rang. Ceux qui la composaient s'appelaient par ex-