‹ Les origines de l'ancienne France (volume 4)Chapitre 58 sur 125 · ORGANISATION DE LA SAUVETÉ · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA SAUVETÉ

sal, elle s'empressa d'envoyer des moines et de fonder un prieuré et une église. Mais les terres étaient presque vierges d'habitants; comment en appeler? La sauveté y pourvut.

Quatre croix de bois furent plantées, englobant, outre le prieuré et l'église, un territoire propre à bâtir, qui devait servir de berceau à un bourg, au futur bourg de Chapelaude. Emplacement consacré, lieu d'asile défendu par l'autorité ecclésiastique, ce territoire, l'autorité séculière le prit à son tour sous sa protection et en garantit les privilèges.

Sur la demande des principaux seigneurs de la région , Archambaud de Bourbon, Humbaud d'Huriel , le roi de France, Philippe Ier, proclama dans une charte solennelle, contresignée à la fois par l'archevêque de Bourges, de nombreux évêques et abbés , et par de puissants laïques, que le lieu compris entre les quatre croix serait un asile inviolable et jouirait de l'immunité de justice, de tonlieu, de service de guerre1. Archambaud de Bourbon ^eçut mission de faire respecter l'immunité et la sauveté2,

1 « Quod peiebant in tanta libertate concessi, ut in presentia mulorum constituissent quatinus juxta suprad. Capellam loca quatuor erminarentur in quibus singulis crux lignea poneretur. Quod si orte fur vel alicujus criminis reus infra constituta loca deprehendeetur, liber omnino esset, quamdiu infra metam quatuor locorum noraretur, reddita pecunia, si apud se inveniretur, unde criminis urto accusabatur. Si autem suprad. Capelle aliquis incola vicino uo vel extraneo injusticiam fecîsset, nullius hominis nisi solius >rioris vel aliorum fratrum justicie subjacuisset...

Ad ultimum vero regalis sublimitas tantam incolis Capelle liberatem concessit, ut nullus in ea habitans bannum aut teloneum aut icariam aliquam nisi Sancto Dyonisio persolvisset, nec alicujus ominis precepto contra adversarios in expeditionem perrexisset, nisi um communione archipresulis , vel ad defendendam Sancti Dyonisii 3rram pro utilitate monachorum. » (1065, Cart. de la Chapelle Aude, h. 13, p. 23-24).

2 « Et cuicunque de génère suo castrum Burbunense possidere Dntigerit , precipue super secclesia et rébus monachorum curam ge-

et l'un de ses fils, en acceptant la même mission, reconnut qu'elle devait s'exercer sous le contrôle et la haute discipline de l'archevêque de Bourges1. Enfin, le lieu fut doté de trois foires annuelles dont les franchises sanctionnées par l'archevêque de Bourges et le sire d'Huriel devaient * accélérer l'accroissement de la population sédentaire2.

Peu de traits s'ajoutent, dans ce rapide aperçu, à ceux que l'étude de la sauveté nous a rendu familiers. Mais une précieuse charte nous laisse pénétrer plus avant. Elle nous retrace la condition faite aux habitants de la sauveté, telle que, dès l'an 1073, elle a été fixée par le prieur Hugues, de l'assentiment de l'archevêque de Bourges, ec présence et de l'aveu des seigneurs circonvoisins3.

La puissance publique appartient au prieur. Il s'en serti pour faire respecter la sauveté à l'intérieur, j'entends

rat, eosque magnopere defendat, et ad eum res et villa respiciat, it( tamen quod nullam ibi possit exercere potestatem , nîsi amor prioriîji ceterorumque monachorum ei permiserit. » [Ibid., p. 24-25).

1 « Deprecor itaque paternitatem tuam, domine Ricarde, ut sj« aliquis de génère meo vel alia quelibet persona hanc immunitatem.Jl violare presumpserit,... tu et omnes successores tui présidentes Bitu ; rice sedi Deo et sancto Dyonisio et domino Burbunensi defensoreil existatis, et monachis de injusticia plenariam justiciam faciatis. > (23 juin 1077, Cart. de la Chapelle Aude, chap. 14, p. 28).

2 « Ricardus Bituricensis archiepiscopus volens augmentare... Ca pellam in monte Julano fundatam... sicuti Aymo... predecessor suuj I decreverat et preceperat fie ri nundinam, que vocatur feria, apuj I Capellam consuetudinarie prima ebdomada quadragesime , ita et de mnus Richardus jussit et decrevit fieri nundinam, que vulgo vocs tur feria, apud Capellam consuetudinarie die ascencionis dominice < in festivitate sancti Dyonisii. » (mai 1065, Cart. de la Chapelle Au* I ch. 16, p. 32).

3 « Gum... villa... ab omnium potestate hominum, nisi solius prior I et monachorum Scti Dionisii, esset inmunis et libéra effecta, qua; I dam consuetudines priori ejusdem loci Ugoni nomine, consens Richardi archiepiscopi Biturigensis... tociusque sui capitulî com lio, quin etiam Umbaldi Uriacensis aliquorumque illius région optimatum asstante presencia et concedenti, constituere placuit. (1073, Cart. de la Chapelle Aude, ch. 19, p. 40-41).

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