‹ Les origines de l'ancienne France (volume 4)Chapitre 61 sur 125 · ORGANISATION DE LA S AU VETE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE LA S AU VETE

Tout compte fait, les charges ne balançaient pas les avantages. Les bourgeois de la Chapelle-Aude ne payaient s trop cher la sécurité que l'asile procurait au faible contre la vengeance privée, au serf contre les poursuites 'e son maître, à tous contre les spoliations de seigneurs pillards, et que rendaient plus précieuses les franchises découlant de l'immunité, la dispense notamment du service de guerre. L'ordre et la paix étaient maintenus à l'intérieur, et pris en soi les charges et les impôts prenaient un caractère normal et régulier du fait qu'ils étaient fixes, soustraits à l'arbitraire, et en quelque manière conventionnels1.

La charte que j'ai analysée peut donc ajuste titre être considérée comme un prototype, comme un type précurseur des chartes communales. Elle peut l'être d'autant plus que nous y discernons déjà l'embryon d'une milice communale et d'une caisse commune. Les bourgeois doivent prêter main-forte en commun au prieur contre tout envahissement des biens du prieuré2, ils doivent en commun pourvoir aux frais de séjour des hauts et puissants personnages qui viennent à la Chapelle-Aude dans l'intérêt de sa défense ou dans un autre but d'utilité commune3.

Et qu'on ne croie pas que nous ayons affaire à un document isolé. Isolé il l'est, sans doute, en l'état présent de nos sources, mais il était fort éloigné de l'être en son

1 On réserve seulement pour l'avenir le droit de les augmenter à proportion du développement que prendra la nouvelle ville : « Has prescriptas placuit ad presens disponere consuetuclines , verum, si villa adolebit, monachi redditus suos consuetudinesque , prout villa augmentabitur, augere poterint » (ch. 19, p. 46).

2 « Si aliquis in res Sancti Dionisii tirannidem suam injuste exercere voluerit, et prior ei velit aliquomodo, pro defendendis rébus suis, contraire, burgenses ei pro posse suo auxilium ferent » (ch. 19,

3 « Si archiepiscopus vel aliqua potens persona, pro defensione ville, vel pro communi utilitate burgensium, in vilkm venerit, eum communiter burgenses procurabunt » (ch. 19, p. 45).

temps puisqu'il ne cesse de se référer à Vusage constant des autres villes1.

La sauveté ne saurait donc s'offrir plus clairement à nous comme un trait d'union historique entre l'agglomération villageoise et la commune urbaine.

* « Sicut faciunt aliarum villarum dominis subjecti sui » (ch. 19, p. 44). — « Ut mos est villarum dominis » (p. 45). — « Secundum consuetudinem que de bannis dominorum transgressis habetur » (ibid.). — « Exceptis bannis que habent domini in villis » [ibid.) — « Vicariam habebit prior in villa, et omnes alias consuetudines, quas habent domini in villis suis » (p. 46).

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