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LES TRANSFORMATIONS DE LA SAUVETE

Ils se retrouvent dans les fors du Béarn avec une plus grande précision de détail et un effort visible de serrer de plus près la sauveté ecclésiastique.

Le for d'Oloron surtout doit attirer, à ce point de vue, les regards de l'historien. Octroyé par Centulle IV avant 1088, il serait si nous le possédions sous sa forme originale un document du plus haut prix. Tel qu'il est, malgré

noche et de dia et tallen in illos meos montes fusta per fer lures casas metipsas.

Et insuper dono vobis quod habeatis vestros fueros taies quales donavi eid illo burgo novo de Sangossa, quod non exeatîs de vestra populatione si vos non vultis per nullo judicio nec per ullas testimonias dare neque accipere inde non exeatis et non habeatis et non habeat ulla torna per ferro neque per batella et salva se cum sua jur plena et cuncta que venerit per vendere... et non vadatis in nulla hoste usque VII annos conpletos ... et quod faeietis vestra metipsa ecclesia vicinale sine mea capella ubi occurratis et detis ibi totas vestras décimas et illo quarto ad episcopo et teneatis ibi vestros clericos fîlios de villa et faciatis ibi vestros molinos... Insuperque exampletis per heremos et per meos peças proprias quomodo melior examplare potueritis et nullus homo qui vostragerit vel forciaverit nec dirumpere voluerit hoc mandamentum meum... millos solidos pectabit vos illos medios et ego illos medios. » [Cartel puebla de Asm, 4 mars 1132, p. 24 et suiv.).

« Ego Adefonsus Dei gratia rex hanc cartam donationis vobis totos populatores de Artasona qui ibi estis vel in antea veneritis populare, ad cavalleros et pedones. Placuit michi libenti animo et pro amore de illas terras populare. Dono et concedo vobis ad illos cavalleros ut sint ibi francoset liberos sicut sunt in lures terras et totos illos alios populatores quod sedeant ibi similiter francoset ingenuos sicut sunt illos populatores de Borovia et quod habeatis taies foros in totas vestras causas et in vestras facendas et in vestros judicios sive in vestras colonias et omicidios quomodo habent...

Et quantum potueritis populare vel examplare per eremum caballeros et pedones quod illum habeatis salvum etfrancum sine ullo malo fuero et sive ullo malo censu. Et ullo peito non peitetis nisi sola décima ad Deum et suis sanctis et non detis licentia nec portatico in tota mea terra et de nullo judicio non respondeatis ad nullo homine nisi ad vestra porta de Artasona ad vestro foro... Et si nullo homine vobis pignoraverit vel nulla contraria fecerit quod pectet millem metecals de auro... » [Carta puebla de Artasona, février 1134, IV, p. 27-28).

le rajeunissement qu'il a subi au xmG siècle, il n'en laisse pas moins entrevoir sa physionomie primitive et il nous conserve, enchâssés dans son texte, des fragments de son ancienne rédaction.

Le but : repeupler, les moyens : accorder les plus larges franchises, sont développés avec insistance1.

La principale franchise, celle qui comprend toutes les autres, c'est la sauveté, la protection contre les entreprises venant du dehors. Les limites en sont posées, la violation en est punie par l'amende de 900 sols2, le bénéfice en est; i assuré aux hommes appartenant à des seigneurs étrangers dès qu'ils sont demeurés an et jour sur le territoire3. Pouf,

J « En ce temps-là, quand le comte Sentolh (Centulle) était seigneur de Béarn et de Bigorre, il lui plut par la divine sagesse avec le conseil et le secours de ses barons de Béarn et de ceux qui avaientj î les terres et les bois aux environs, que cette cité qui était dépeuplée fut repeuplée; mais ledit comte reconnut qu'il ne pouvait y avoir des habitants s'il ne leur donnait et octroyait de meilleurs fors et de plus grandes franchises qu'à nuls autres de la seigneurie. C'est pourquoi il fit faire tels mandements par toutes les terres (du pays) qu'à tous ceux qui viendraient à ce repeuplement, il donnerait et octroyerait; f plus grandes franchises et meilleurs fors qu'à nuls autres hommes de sa seigneurie. Laquelle chose entendue, sept hommes de Camfranc vinrent premièrement s'établir en ce lieu, et ensuite il en vint de beaucoup d'autres endroits. » (For d'Oloron, art. 1 ; trad. Mazure et Hatoulet, Fors de Béarn, p. 209-210). Adde , art. 3, 15 et 16.

2 « J'établis (c'est Centulle IV qui parle) et donne sauveté à cette ville, et telle convention que nul homme étranger ne fasse à personne envahissement dans les limites de la sauveté; à savoir de la maison des Ladres jusqu'à Mondegorat; et si par hasard quelqu'un l'a fait, qu'il me donne 900 sous de Morlaas et médaille d'or; et pour que cela soit tenu fermement, ainsi le jurèrent cent Aspois et cent Ossalois (art. 25, loc. cit., p. 218).

3 « Si un homme, de quelque lieu qu'il soit, vient s'établir dans cette ville, sans licence de son seigneur, et y réside an et jour, el qu'après son seigneur le réclame, le vicomte le défendra comme étant son bourgeois » (art. 5). — Ce délai d'an et jour se retrouve au xiie siècle dans les chartes de coutume, par exemple, dans l'article 1S de la charte de Lorris. Voyez Prou, Les coutumes de Lorris, Rev. histor. de droit, 1884, p. 162-164.

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