‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 100 sur 244 · E1YRE IV. § III · texte numérisé non relu

E1YRE IV. § III

ducatus d'une main vigoureuse1, brise l'opposition de son oncle, qu'il fait prisonnier, et tient tète aux nouvelles insurrections qui éclatent.

Son énergie n'est pas moindre vers le dehors. Il refuse de se soumettre à Guillaume le Conquérant, qui mène contre lui l'expédition qu’a rendue célèbre la tapisserie de Beauvais, mais qui ne parvient pas à le réduire. Bien plus, Conan prend l’offensive et contre l'Anjou dont il met les troubles à profit pour étendre ses frontières, et contre Guillaume lui-même qu'il menace d'une attaque à l’heure où se prépare la descente en Angleterre. Il n'est plus question seulement de refouler la dynastie normande, mais de la supplanter. Conan II argue Guillaume de bâtardise et revendique contre lui le prmcipat de la Normandie, du chef de sa grand’mère Havoise2. Le poison débarrasse le duc normand de cet adversaire dangereux et la Bretagne voit s'éteindre, avec lui, la dynastie de Rennes.

1 « Quousque Gonanus cornes gubernacula Britanniæ sumpsit et vigorem regnandi invasit » ( Cart . de Redon , 1055-1062, p. 383j.

2 C’est un insolent défi que Guillaume de Jumièges prête à Conan II : « Terram, quam ego quia puer eram possidere nequibam, in vasisti et contra fas, cum sis nothus, hucusque tenuisti. Nunc igitur aut mihi debitam redde Northmanniam aut ego tibï totis viribus bellum inferam » (VII, 33, Migne, 149 c. 872).

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