ANARCHIE ET PRÉTENDUES CESSIONS DE LA LORRAINE
de paix et d’amitié conclu par un serment réciproque1. Ce serment, les fidèles des deux rois le ratifient en s’y associant2. Or, parmi les fidèles de Charles le Simple figurent quatre évêques et au moins autant de seigneurs lorrains 3, tandis qu’aucun Lorrain n’accompagne Henri l’Oiseleur.
Tranquille du côté de la Germanie, Charles le Simple se remet en campagne pour soumettre Gislebert4. Mais avant qu’il y réussisse, la grande rupture se produit en France par l’élection et le sacre de Robert (30 juin 922). Chose curieuse, le respect de la légitimité carolingienne avait poussé en Lorraine des racines si profondes que beaucoup de Lorrains restèrent fidèles, malgré tout, à l’héritier légitime, sacré et couronné, Charles le Simple, et allèrent, pour lui garder leur foi, jusqu’à chercher un appui auprès du roi saxon Henri l’Oiseleur.
Un annaliste nous apprend que quelques-uns d’entre eux se soumirent spontanément au roi de Germanie pour ne pas être obligés de reconnaître Raoul qui les avait privés de leur légitime souverain 5.
Que des partisans de Charles le Simple aient ainsi lié partie avec le roi de Germanie, cela a pu donner quelque vraisemblance à l’idée d’un abandon que le premier
1 « Inter ipsos præfatos principes iina-nimitatis pactum ac societatis amicitia quæsita repertaque exordia sumpsit »... « Hanc sibi vicissim convenientiam ob statum pacis juramento sanxerunt ita » (Suivent les serments réciproques d’amitié).
2 « Collaudando acceptaverunt et manibus suis sacramentum firmaverunt ».
3 Les archevêques de Cologne et de Trêves, He'riman et Roger, les évêques Étienne de Cambrai et Baudri d’Utrecht, les comtes Matfrid, Waltker, Thierry.
1 Cf. Flodoard, ad an. 922, p. 7.
8 « Eodem anno (923) Heinricus Saxonum et Orienta lium Francorum rexquosdam optimates de regno Lotharii sibi in fideles spontaneos recepit, qui dedignati sunt Rudolf! fîeri fideles, qui suo domino eos privabat » (Ann. Prumienses, SS. XV, p. 292).