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CHAPITRE III

aurait fait au second de la Lorraine, en échange d’une alliance contre les Robertiens et notamment pour prix de l’aide qu’il en aurait reçue à la bataille de Soissons (15 juin 923) où Robert Ier fut tué1.

En réalité, il y a là, comme pour le traité de Bonn de 921, une pure invention des chroniqueurs allemands, destinée à légitimer, après coup, l’usurpation des rois de Germanie. Nul contemporain ne parle de cette prétendue cession. Ce n’est qu’au xie et au xn° siècle qu’on voit mettre en circulation des récits fantaisistes comme ceux des Annales de Verdun 2, de Thietmar de Mersebourg ou de Sigebert de Gembloux3, auxquels des historiens français ont eu le grand tort d’accorder le moindre crédit4.

1 Ainsi s’explique que Sigebert de Gembloux ait placé en 923 le prétendu abandon par le traité de Bonn (Voyez, supra). — La légende a en quelque sorte gravité autour de cette bataille. On la retrouve dans Dudon, sous cette forme (Voyez, infrà,p. 282, note 2) et vers le milieu du xie siècle dans ce curieux passage des annales de Saint-Vast de Verdun, rédigées par des clercs du Verdunois à la dévotion du roi de Germanie : « Principes Francorum expellunt Garolum regem. Quem Otto imperator restituit gravi bello Suessionis, eisdem principibus superatis, et ob hoc Lothariense regnum ab eo dono accepit » (Annales Virdunenses , SS. IV, 8).

2 Voyez la note précédente.

3 « Fuit in occiduis partibus quidam rex, ab incolis Karl Sot, id est stolidus ironice dictus, qui ab uno suimet ducum captus, tenebris includitur carceralibus. Hic Heinrici regis nostri, nepotis autem sui (!), inplorans auxilium, dexteram Cbrisli martiris Dionisii et cum ea omne regnum Luthariorum, si ab eo liberaretur, sibi traditum sacramentis promisit. Nec mora, inclitus miles invictricibus se armis circumcingens, proximum laborantem visitât, et in erepeione ejus ac restitucione dignus operator, mercedem suam. promeruit, et honorem prislinum sibi suisque successoribus in tantum adauxit » (Thietmar Chronicon, éd. Kurze, I, 23, p. 14). — Ce conte est ainsi résumé par Sigebert de Gembloux (ad an. 922) : « Carolus rex Francorum se et Franciam Hcnrico régi submittit ; eique in pignus perpetui fœderis et amoris mittit manum preciosi martyris Dionysii Parisiensis, auro gemmisque inclusam ».

4 Voyez la note très juste de M. Parisot, Royaume de Lorraine, p. 665, note 1 .

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