‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 125 sur 244 · LIVRE IV. § IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. § IV

fondés à la suite des invasions germaniques se soient superposés aux divisions ethniques et régionales, et leur aient procuré de la sorte une consistance et une solidité nouvelles.

La seconde région et la majeure partie de la première furent occupées ou soumises par les Francs qui y établirent le siège fondamental ( Francie ) du regnum Francorum.

La troisième région, élargie jusqu’à la Loire, fut conquise par les Wisigoths et érigée en royaume de Gothie, puis d’Aquitaine.

Les Burgondes s’emparèrent des bassins de la Saône et du Rhône et en firent le royaume de Bourgogne.

France, Aquitaine, Bourgogne, ce furent, à travers le Moyen âge, les trois grandes divisions de la France, encore que la Gaule Belgique se survive dans une subdivision de la Francie, la Francie médiane ou Lorraine qui continue, nous l’avons vu, à former une entité ethnique et que des textes appellent Gaule médiane1 .

Ces divisions organiques, je les retrouve à la base de toute notre formation nationale. J’y vois les puissantes matrices de la Gaule, où les germes vivants, autochtones ou importés, se sont accouplés selon leurs affinités propres ou sous l’action de forces externes pour donner naissance aux patries provinciales qui ont élaboré la patrie commune.

Si la fusion gauloise s’est opérée au sein de ces grands organes, l’un d’eux a rempli dans le grand œuvre l’office de noyau vital. Voilà ce que représente, à mes yeux, la suprématie de la Francie et du regnum Francorum.

Nous venons de voir, dans les chapitres qui précèdent, comment se sont constituées et sont demeurées attachées à la Francie les nationalités autonomes de la Flandre, de la Normandie, de la Bretagne, puis le sort qu’a eu la France médiane.

1 Voyez T. III, p. 566, not» 1.

Je me propose de montrer dans les chapitres qui suivent qu’un lien de suprématie analogue, en principe et en droit, mais, en fait, réduit souvent à une ténuité extrême, subordonnait à la Francie les deux autres grandes régions de la Gaule, la Bourgogne et l’Aquitaine.

Mais là aussi la complexité s’est introduite dans les rapports du principat et de la Couronne. Les tendances nationales ou particularistes ont disloqué le groupe primordial, soit au profit de chefs multiples, soit au profit de groupements nouveaux. Et ce sont ces chefs ou ces groupements qui ont pu se trouver alors en contact direct avec le rex Francorum.

§ 1. — La suprématie royale au Centre et au Midi de la France.

En Aquitaine, malgré les efforts centralisateurs des maisons d’Auvergne, de Poitiers et de Toulouse, qui se disputent l’hégémonie entre la Loire et les Pyrénées, il s’effectue un morcellement en États distincts. La Vasconie, quoique rattachée théoriquement à l’un de ces États, ne cessera de revendiquer son indépendance ethnique. C’est donc sous des aspects très variables que se présente la condition du principat au regard de la royauté. Elle se diversifie aussi bien que les qualités dont les princes se prévalent : duc d’Aquitaine ou comte de Poitiers, marquis de Gothie ou duc de Gascogne.

En Bourgogne, des royautés se fondent qui prétendent dominer la majeure partie du royaume primitif de Bourgogne. Mais de profondes scissions s’opèrent à l’intérieur du corps politique traditionnel. Des deux groupes ethniques principaux qui se font face, sur les deux rives de la Saône, et qu’a délimités le traité de Verdun, celui de la rive droite continue à graviter dans l’orbite de la France et constitue le duché de Bourgogne, tandis que l’autre, qui s’étend jusqu’aux Alpes et occupe une partie de la Suisse F. — Tome IV. 20

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