Aperçu général
L’ancien royaume de Bourgogne, qui des Burgondes passa aux Francs, avait aggloméré quatre groupes de populations, à la tête de chacun desquels fut placé, dès l’époque de Charles Martel, et même auparavant, un comte supérieur, duc ou marquis : la Bourgogne éduenne (duché d’Autun), la Bourgogne séquane (duché de Transjurane), la Viennoise (duché de Vienne), la Provence (duché d’Arles).
De ces unités ethniques et régionales, il y en eut qui retinrent le nom de Bourgogne : le groupe éduen qui devint le duché de Bourgogne, et le groupe séquane d’où sortit le royaume de Bourgogne transjurane , puis plus lard le comté de Bourgogne.
La même qualification ne s’étendit que pour un temps, et d’une manière tout à fait artificielle ou factice, aux deux autres groupes, quand ils furent l’objet, au x® siècle, d’une mainmise des rois de la Bourgogne transjurane, de même qu’ils avaient été précédemment soudés l’un à l’autre sous la domination du roi Charles de Provence, puis de Boson. Malgré cette double circonstance, ils n’en conservèrent pas moins leur ethnicité propre et distincte.
Le groupe viennois, dont la population était surtout allobroge latinisée, et qui avait été le siège principal de la domination burgonde, constitua, après son adjonction précaire au royaume de Bourgogne transjurane, un comté en grande partie autonome, dont le chef continua à entretenir des rapports directs avec le roi de France, et qui, concédé aux archevêques de Vienne (1023), forma le noyau de leur puissance.
Le groupe provençal, où dominait la population latine, à
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laquelle les Goths s’étaient mêlés, échappa presque entièrement à l’autorité des rois de Bourgogne, et donna naissance, dans le cours du xe siècle, au puissant marquisat de Provence, sur lequel le Saint-Empire n’eut qu’une ombre de pouvoir, et qui passa aux mains de princes de l’Aquitaine ou de la Marche d’Espagne unis par de multiples liens à la Couronne de France.