‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 133 sur 244 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

éléments ethniques en présence. Cette fusion ne s’est opérée qu’au profit du particularisme régional.

L’éclat que la culture latine avait jeté dans la vallée de la Saône et du Rhône en fut le point de départ, et la prépondérance de l’élément gallo-romain en fut la base. Mais l’agent le plus actif d’unification nationale a dû être l’afflux de civilisation venu de Gaule et d’Italie, que les abbayes bourguignonnes, Cluny en tête, surent recueillir en un merveilleux réservoir.

A cela s’ajouta le mirage de la tradition, le souvenir dont s’enorgueillissait la masse populaire et que la légende épique a embelli et exalté, d’avoir formé un royaume illustre et puissant — qu’il fût gouverné par des princes burgondes ou des princes francs — un royaume dont la cohésion avait été cimentée, dès le vi° siècle, par l’unification législative du roi Gondebaud.

Les Burgondes furent avec les Goths au premier rang des Barbares qui se laissèrent pénétrer par la civilisation romaine et qui s’efforcèrent, dans leurs établissements, d’en être les continuateurs et les représentants directs. Plus près de la source, ils en ont subi plus vivement l’attrait, jusqu’au point de s’abandonner à son courant.

Sur les deux rives de la Saône, ce sont moins des conquêtes qu’ils font que des occupations consenties.

Dans la région éduenne, l’aristocratie les appelle en l’an 457, s’il faut s’en rapporter à un texte très controversé du Pseudo Frédégaire1, pour se soustraire aux extorsions du fisc impérial2.

Dans la Séquanie, les populations foulées et dépouillées par les Alamans, féroces et rapaces, les accueillent comme

1 Liv. II, cap. 46 (SS. rer. merov., II, p. 68).

2 La chronique de Mari us d’Avenches (ad an. 456) se borne à dire : « Eo anno Burgundiones partem Galliæ occupaverunt terrasque cum Gallis senatoribus diviserunt ».

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