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LA PATRIE BOURGUIGNONNE

des maîtres plus équitables et plus doux, presque comme des libérateurs.

Elles ne furent pas déçues. L’ordre et la sécurité reparurent; la stabilité romaine parut restaurée. Les Burgondes se donnent pour de simples fédérés ; leurs rois se qualifient maîtres de la milice ou revêtent les insignes du patriciat, ils font frapper des monnaies à l’effigie impériale, ils datent leurs jugements de l’année consulaire1. Le plus grand d’entre eux Gondebaud a, longtemps avant Charlemagne, sa cour de lettrés gallo-romains ; il parle latin et cultive les lettres latines.

L’organisation administrative romaine reste à la base du régime nouveau; les Gallo-Romains, entre eux, sont soumis à une législation toute romaine, la lex romana Burgundionum ; leurs écoles se rouvrent à Lyon, à Valence, à Vienne. Fait capital, ils ne sont pas traités en vaincus; dès le début de la fondation du royaume burgonde, ils sont placés, au point de vue légal, sur un pied absolu d’égalité avec les Burgondes. Un Code commun, où domine largement le droit romain, est rédigé par ordre de Gondebaud (la loi Gombette), et promulgué à nouveau par son fils Sigismond, pour tous les procès, pour tous les rapports juridiques entre Gallo-Romains et Burgondes : loi qui, dans toutes ses dispositions, non seulement traite avec une égalité parfaite2 les deux nationalités, mais qui contient une série de mesures propres à réprimer toute violation de cette égalité, par abus de force ou d’autorité. C’est ainsi qu’est interdit le patronage du Burgonde en faveur du plaideur gallo-romain3, que le déni de justice

1 Voy., par exemple, le jugement inséré dans le titre 52, § 5 de la loi Gombette (éd. Salis, p. 87).

2 « Burgundio et Romanus una conditione teneantur » (tit. 10). « Inter Burgundiones et Romanos æquali conditione volumus custodiri » (tit. 15), etc.

3 Tit. 22 : De removendo in negotiis Romanorum patrocinio Barba ro. rum.

F. — Tome IV.

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