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DU DUC HENRI

La puissance de Richard le Justicier avait ouvert à son tils Raoul les avenues du trône. Celui-ci devint le gendre du roi Robert Ior, et, deux ans après avoir succédé à son père dans le principat de Bourgogne il succéda à son beau-père dans le regnurn Francorum (13 juill. 923). Ce fut alors son frère cadet Hugues le Noir qui recueillit, à sa place, l’héritage princier de Richard, ce fut lui qui acquit le ducatus , c’est-à-dire F autorité-, la domination, la suzeraineté sur les populations et sur les seigneuries de la Bourgogne éduenne et de la Bourgogne auxerroise, d’une partie desquelles seulement le comitatus direct se trouva entre ses mains. Relevons, à ce sujet, la circonstance, importante pour l’avenir, que le comté d’Autun devait être déjà en la possession de Gilbert, le gendre de Richard, soit qu’il lui ait été attribué par son beau-père, soit que Raoul le lui ait cédé ou transmis quand il devint roi. Nous voyons, en effet, Gilbert signer, avec la qualité de comte, un diplôme de Raoul, du mois de juillet 925, pour Saint - Symphorien d’Autun1 2, et il prenait bien avant la mort de Hugues le Noir le titre de « cornes Heduensis et aliarum patriarum » (942) 3.

1 Richard était mort le 31 août 921 (Lauer, Raoul, p. 7-8).

1 H. F., IX, p. 569. Ct‘. Chartes de Cluny, I, n° 271 (926).

3 « Ego Gislebertus divina largiente clementia cornes Heduensis et aliarum patriarum » (acte daté de Beaune, il déc. 942, 7e année du règne de Louis d'Outremer) ( Cartul . Saint-Étienne de Dijon, Chifflet, Lettre touchant Beatrix, Dijon, 1656, p. 145).

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Ce comté deviendra pour Gilbert, comme il le fut pour Richard, le noyau d’autorité et de force qui lui permettra de s’assurer le principat, le dncatus des Bourguignons, quand Hugues le Noir, son beau-frère, mourra sans enfants (17 déc 1952). Il y joindra le prestige et l’appui d’un lignage très puissant, puisqu’il était le neveu du vicomte d’Auxerre, Ray nard et qu’il succédera à son frère Manassès II dans le comté de Dijon.

Les possessions de Hugues le Noir dans les pays d’Outre- Saône et dans le Lyonnais2 formaient une ceinture à son principat. Sans porter le titre de roi, il était un regulus , à l’instar du duc d’Aquitaine ou du duc des Bretons.

Sous la terminologie3 variable et flottante de l’époque,

1 Flodoard, ad an. 924, éd. Lauer, p. 21.

2 Voy. Poupardin, Bourgogne, p. 208-209 et infrà.

3 Je groupe ici, comme je l’ai fait pour Richard le Justicier, les éléments principaux de la tilulature de Hugues le Noir :

Cornes. — 926: « Ugo cornes, fîli us Ricardi ». Mention dans une notice de plaid du roi de Bourgogne Rodolfe II ( Chartes de Cluny, n° 256, p.248).

929 : « Sign. Ugonis inclyti comitis ac fratris augusti Rodulfî regis ». Charte de la duchesse Adélaïde (H. F., IX, 695).

937-952 : « Ugo cornes », dans une charte-notice du cartul. de Saint- Vincent de Mâcon (n° 70, p. 59), où le titre principal donné à Hugues est piissimus princeps.

940 : « Inclitus cornes Ugo... gloriosus cornes ». Dipl. de Louis IV (H. F., IX, 592).

9*1-952 : « Ego Hugo gratta Dei cornes » (Cartul. de Mâcon, n° 72, p. 60, et n° 73, p. 61).

941-952 : Notice d’un plaid « ante presentiam domni Hugonis comitis » (Ibid., n° 156, p. 107).

942 (21 avril) : « Ego Hugo, Dei nutu cornes Dotnini nosti'i Jesu Christi et servus » ( Chartes de Cluny, n° 544, I, p. 528).

943 (23 avril) : « Hugo cornes ac consanguineus noster » (Diplôme du roi de BourgogneConrad(C7iarJ<?s de Cluny, nos627 et 628, 1, p. 584-585).

949 (17 avril) : « Potentissimi comités Ugo et Geslebertus. Chartenotice ( Chartes de Cluny, n° 738, I, p. 694). Adde, infrà, v° Marchio.

Cornes et marchio. — 936 (1er septembre) : « Ego Hugo humilis cornes et marchio]» ( Cartul . de Saint- Symphoricn d’Autun, Duchesne, Hist. de la maison de Vergy, Preuves , p. 32).

LES RAPPORTS AVEC LA COURONNE

comte ou duc, prince ou marquis, ce qui importe c’est

944 (28 mars) : « Signum Hugonis comitis et marchionis » ( Chartes de Cluny, n° 656).

Archicomes. — 951 : « Pro remedio animæ meae atque senioris mei Hugonis incliti archicomitis ». Charte de Lietaud, comte de Mâcon (Guillaume, Histoire des Sires de Salins, T. I, Preuves, p. 8. Dunod, Histoire des Séquanais, T. II, Dijon, 1737, p. 594).

Marchio. — 939 (20 juin) . « Quidam fîdelis noster Hugo, filius Richard), vir illustrissirnus et marchio ». Diplôme de Louis IV ( Chartes de Cluny, n° 499, I, p. 484).

944 (28 mars) : « Ante presentiam domni Hugonis, gloriosissimi marchionis ». Notice d’un plaid ( Chartes de Cluny, n° 656, p. 610).

946-954 : c< Hugone marchione ». Privilège pontifical pour Saint- Vincent de Mâcon (H. F., IX, 229. — Cartul. de Mâcon, n° 69, p. 56).

Vers 948 : « Ad deprecationem incliti marchionis Hugonis ». Diplôme de Louis IV ( Cartul . de Mâcon, n° 99, p. 74).

949 : « Hugo præcelsus marchio, filius Ricbardi fidelis nostri ». Diplôme de Louis IV (H. F., IX, 606).

949 (17 avril) : « Sign. Hugonis marchionis ». Charte-notice [Chartes de Cluny, n° 738, I, p. 695).

950 : « Domnus Hugo marchio insignis ». Charte-notice ( Cartul . de Mâcon, n° 103, p. 79).

Dux Burgundionum. — 946 (1er juillet) : « Nostri principes, Hugo, videücetdux Francorum, et alter Hugo, dux scilicet Burgundionum ». Diplôme de Louis IV [Chartes de Cluny , n°688, I, p. 641).

946 (1er juillet) : « Illustrissimi principes regni nostri Hugo, videlicet dux Francorum, et alter dux Burgundiotium Hugo ». Diplôme de Louis IV [Ibid., n° 689, I, p. 642).

946-947 : « Ex jussione domni Hugonis ducis » [Chartes de Cluny, n° 694, I, p. 649).

952 : « Chronicon Floriacense. Hoc anno Ugo dux Burgundionum et Alanus Brittonum obiere » (H. F., VIII, p. 254).

« Dux inferioris Burgundiæ ». Chronique de Saint-Bénigne, p. 115 ; Chronique de Bèze, p. 281.

Princeps. Frater regis. 932-933 : « Rodulfus rex... consentiente fratre suo Hugone, pacifico principe ». Charte de l’évêque de Mâcon, Bernon [Chartes de Cluny, n° 408, I, p. 394).

Cf. 931 (l*r juillet) : a Ugo, frater meus dulcissimus ». Charte du roi Raoul [Ibid., n° 398, I, p. 383).

937-952 : « Hugo piissimus princeps ». Charte-notice [Cartul. de Mâcon, n° 70, p. 58).

l’autorité de chef d’un État bourguignon, le comitatus ou le ducatiis liurgundionum1 . Le pouvoir que Hugues exerce, à ce titre, l’élève, dans ses rapports avec le rc# Francorum à la condition de pair , telle que la pairie nous est apparue au xe et au xi° siècle. S’il se lie au souverain par un serment, c’est comme fidèle2, ou comme allié, en vertu du pacte de concorde et non pas comme feudataire, en vertu d’un contrat d’hommage. Flodoard caractérise très exactement les rapports de Hugues le Noir avec Louis IV, en 938, par ces termes : « amicitiam sacramento promittit»3.

11 s’agit là, en effet, de la reconnaissance comme rex Francorum du jeune roi Louis, que, dès 936, Hugues le Grand avait conduit dans ce but apparent en Bourgogne4-, et, sans doute, dans le but réel d’y imposer sa propre autorité. Hugues le Noir commença par résister3; mais, après que Hugues le Grand eut pris Langres et se fut fait livrer des otages par les chefs de la région®, les deux

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