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Princeps regni » (suprà, Diplôme du der juillet

Vers 948 : Hugone principe annuente ». Diplôme de Louis IV

( Ibid.y n° 99, p. 74).

1 Le rapprochement de Hugues le Grand, duc des Francs, et de Hugues le Noir, duc des Bourguignons, dans les diplômes de Louis IV (juillet 946) est spécialement significatif (voy. la note précédente).

* Louis d’Outremer, après 938, le qualifie : « Fidelis noster Hugo filius Richardi vir illustrissimus et marchio » (voy. la titulature, note suprà ).

8 Flodoard, ad an. 938 : « Rex Ludowicus... ad colloquium proficiscitur Hugonis, fratris quondam Rodulfi regis... Præmissus vero Hugo ad regem venit. et amicitiam ei sacramento promittit » (p. 70).

4 Richer II, 5 : « Burgundiam petere, ac urbes sedesque lustrare a duce monetur. Rex hortanti consentions Burgundiam duce comitante ingreditur ».

D'après Richer, il aurait refusé toute révérence au nouveau roi : « Nihil pacis, nihil regii honoris » ( Ibid .).

6 Flodoard, ad an. 936 : « Rex et Hugo in Burgundiam pergunt et urbem Lingonum, quam Hugo frater regis Rodulfi ceperat, obsident, f ugientibusque his qui eam custodire videbantur, sine bello recipiunt; acceptisque obsidibus ab episcopis Burgundiæ vel primatibus, Parisius veniunt » (p. 64).

LES RAPPORTS AVEC LA COURONNE

princes s’entendirent. Le duc des Bourguignons consentit à soumettre au duc des Francs une partie de ses États : « dispertita inter se Burgundia », dit Flodoàrd1.

Deux ans plus tard seulement, Hugues le Noir prêtait serment de fidélité à Louis pour l’ensemble de son principal2. Il se rangeait par là sous la suprématie du roi, mais non pas sous sa suzeraineté féodale, et si, en conséquence, il datait tout naturellement ses chartes des années de règne du rex Frcincorum3 , cela ne l’empêchait pas d’adopter, selon les circonstances, la chronologie du royaume de Bourgogne, pour celles de ses possessions qui dépendaient de ce royaume.

C’est pour ne s’être pas placés à ce point de vue, le seul vrai, à mes yeux, pour avoir cru qu’il y avait eu concession féodale de la Bourgogne à Hugues le Grand, au détriment de Hugues le Noir, que les historiens n’ont pu s’expliquer que Louis d’Outremer ait, en 953, soumis la Bourgogne à l’autorité du duc des Francs, « en sacrifiant, pour un motif inconnu, H ugues le Noir, qui jadis lui avait été utile », ditM. Lot4, « en dépouillant Hugues le Noir », dit l'éditeur de Flodoàrd, M. Lauer *.

Il n’y a eu ni cause mystérieuse, ni spoliation ou sacrifice. Louis d’Outremer a concédé à Hugues le Grand ses

1 « Hugo filins Rotberti cum Hugone filio Richardi, dispertita inter se Burgundia, pacein facit » (Flodoàrd, ad an. 936, p. 65). M. Lot avance qu’à cette occasion Hugues le Noir regut le titre de marquis ( Fidèles ou vassaux, p. 30). De qui donc? Du roi? dont le chroniqueur ne parle pas et « aux dépens » duquel la convention aurait été laite, d’après M. Lauer, Louis d'Outremer (p. 18). De Hugues le Grand? cela est insoutenable. La vérité est tout autre comme le prouve la titulature.

3 Suprà, p. 346, note 3.

3 Dès 936 même : charte de Saint-Symphorien d’A ut un (1er septembre) « anno primo régnante Lohodovico rege » (Duchesne, Maison de Vergy, p. 32). Voy. ensuite, 941-952, Cartul. de Mâcon, p. 61; 942, Cluny, p. 528, etc.

4 Fidèles ou vassaux, p. 30.

8 P. 90, note 3.

droits de suprématie sur le prince des Bourguignons, comme il l’a fait, en même temps, de ses droits de souveraineté lige sur les seigneurs de la Francie. Le parallélisme est parfait, dans la relation même de Flodoard : « Rex ei ducatum Francise delegavit , omnemque Burgundiam ipsius dilioni subjecit » *.

Le prince bourguignon n’est pas plus dépossédé que les seigneurs francs. Il ne se produit qu’une interposition de personnes. La fidélité que Hugues le Noir avait promise à Louis IV, l’hommage-lige que les seigneurs francs lui devaient ne furent plus dus que médiatement au roi , directement qu’à son délégué.

La même explication peut seule rendre raison de l’attitude respective de Hugues le Grand et de Gilbert, après la mort de Hugues le Noir, au moment de l’avènement de Lothaire, en 954.

Le roi renouvela à Hugues le Grand la concession de son autorité sur la Bourgogne et lui fît la même concession pour l’Aquitaine 1 2.

S’il fallait voir dans cet acte une concession, à titre de fief, du duché ou marquisat de Bourgogne, il n’aurait pu s’accomplir que par une éviction de Gilbert de son principat. Or, bien loin de se plaindre ou de regimber, le comte d’Autun accorda la main de sa fille Liégeard au fils de Hugues le Grand, Otton. M. Lot avait supposé jadis 3 que la concession avait eu lieu à la suite de négociations avec Gilbert, dont il n’existe aucun indice 4. Il s’est plus tard contenté de dire que Gilbert « ne fît aucune résistance », ce qui ne se concilie pas avec l’opinion de

1 Flodoard, ad an. 943, p. 90.

2 « Burgundia et Aquitania Hugoni dantur ab ipso » (Flodoard, ad an. 954, p. 139).

3 Derniers carolingiens, p. 13.

4 L’hypothèse ëst exclue par la circonstance que le renouvellement de la concession a été la suite immédiate du sacre (Voy. Flodoard, loc. cit.).

LES RAPPORTS AVEC LA COURONNE

cet érudit sur le caractère de l’acte, et le conduit à une contradiction fatale. Gilbert serait devenu le vassal de Hugues le Grand, et celui-ci n’aurait eu, malgré cela, qu’un pouvoir purement nominal, purement honorifi que 1 .

Dans la réalité, il n’y a eu, en 954, comme en 943, qu’une simple délégation de la suprématie royale et non pas une transmission de grand fief. Le chef du principat de Bourgogne ne perdit rien de ses droits 2, mais il eut à

I Fidèles ou vassaux , p. 34, texte et note 4.

3 La preuve en est qu’aussitôt après, Hugues le Grand et Gilbert figurent côte à côte dans un diplôme de Lothaîre Ier pour la Bourgogne (954-955, Recueil des actes de Lothaîre, par Halphen, p. 5), l’un avec la qualification « dux Francorum et pene totius imperii potentissimus », l’autre avec la qualité « Burgundiæ cornes præci- ; uus ». Et la nature du pouvoir de Hugues le Grand s’accentue encore par le rapprochement avec la formule de suscription où Lothaire luimême est dit « sub juvenili ætate potentissimus ».

Nous avons vu du reste que, par ses possessions comme par ses relations de famille ou de lignage, Gilbert était, du vivant déjà de Hugues le Noir, le prince le plus puissant après lui de la Bourgogne. Il était appelé potentissimus comme lui (Voy. infrà, p. 350) et, pas plus que la concession royale de 943 n’avait dépossédé, en quoi que ce soit, Hugues le Noir de son principat, celle de 954 n’avait pu empêcher Gilbert de devenir, à sa place, le prince ou duc des Bourguignons.

II est très vrai que nous ne connaissons pas de diplôme où le titre •de duc lui soit donné. Mais ce tait ne saurait tirer à conséquence. Il ne s'est écoulé qu’un intervalle de trois ans entre la mort de Hugues le Noir et celle de Gilbert (17 déc. 952 à 8 avr. 956) et tout diplôme important manque pour cette courte période. D'autre part nous savons que le titre de cornes était, pour lors, encore équivalent au titre de duc (ce qui ne donne que plus d’importance aux qualifications « præeipuus cornes » et « potentissimus cornes ») et que les sources annalistiaues, dès le xe siècle et couramment au xi”, n’ont cessé de l’attribuer à Gilbert. L’objection de M. Lot que ces documents ne sont pas « absolument contcmporanis » est donc sans portée, et elle est même inexacte en soi, tout au moins pour la Vita S. Viventii que rien n’autorise à dater d’une époque postérieure à la mort de Gilbert. — Je n’attache pas beaucoup plus d’importance que M. Lot à la for-

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