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CHAPITRE II

s’acquitter envers le duc des Francs des devoirs de fidélité auxquels il était tenu envers le rex Frcincorum, et spécialement de l’assistance militaire dans une guerre nationale, telle que la lutte, par exemple, contre les Normands. ( Northmannorum gens) x.

La condition légale du principal ne se modifia pas par

mule « gratia Dei cornes », et je remarque même qu’il s’est trompé ( Fidèles ou vassaux, p. 33, note 3), en attribuant à Gilbert le titre d'archicomes dans la Charte de Liétaud de 951. C’est à Hugues le Noir qu’elle donne ce titre (Voyez, suprà, la titulature de Hugues).

Voici, au surplus, comme pour ses prédécesseurs, la physionomie générale que présente la titulature de Gilbert.

Cornes. — 942 : cl Cornes Keduensis et aliarum patriarum » (Suprà, p. 343, note 3).

948 : « Gislebertus cornes » (Chartes de Cluny, n° 721, I, p. 674).

949 : « Potentissimi comités Ugo et Geslebertus » (Ibid., n° 738, p. 694).

950 : « Gracia Dei cornes » (Cartul. de Montieramèy , n°13, p. 19).

950 : « Cum consensu Giliberti comitis ». Diplôme de Louis IV

(Chartes de Cluny, n° 774, I, p. 729).

— Cornes Buryundionum. Odoranne de Sens. Duru, II, p. 395. Clarius de Sens, ibicl., p. 494.

Cornes Burgundie. Chronique de Sainte-Bénigne de Dijon, p. 124.

Burgundiæ cornes præcipuus. — 954-955 (Diplôme de Lothaire) (Suprà, p. 349).

Dux Burgundiæ. — Vita Sancti Viventii (H. F., IX, 131) : « Gislebertus ejusdem (totius) Burgundiæ dux postmodum fuit ».

— Ilistoria Francorum Senonensis (Migne 163, col. 858).

— Chronique de Tournus, cap. 30, p. 91 (éd. Poupardin, Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert, Paris, 1915).

— Chronique de Saint-Bénigne de Dijon, p. 135 : « G. qui post Hugonem, fratrem Rodulfl regis, ducatum Burgundie tenuit ». — De même Hugues de Flavigny (éd. Lauer, appendice à Flodoard, p. 201).

— Clarius de Sens, Duru, p. 484.

Princeps Burgundionum. — Annales de Sainte-Colombe de Sens (Page suivante, note 3).

— • Princeps. — Chronique de Tournus, p. 92-93.

1 « Hugo dux cum suis et quibusclam Burgundiæ proceribus trans Sequanam faciens iter Baiocas... obsedit, quam rex ei dederat si eum ad subiciendam sibi liane Nordmannorum gentem adjuvaret » (Flodoard, ad an. 944, p. 95). Cf. suprà, p. 148-149.

LES RAPPORTS AVEC LA COURONNE

la mort de Gilbert en 926 (8 avril), à raison du legs qu’il aurait fait à Hugues le Grand de sa « monarchia », ce qui, d’après M. Lot, aurait transformé le droit honorifique de Hugues en un droit de propriété sur la Bourgogne b

Une seule chose est exacte. Pour un très court temps, Hugues le Grand se trouva nanti d’une pleine autorité sur la Bourgogne, mais ce ne fut juridiquement que pour le compte d’autrui, du roi dont il restait le représentant, de Liégeard, la fille et l’héritière de Gilbert, dont il devenait le tuteur testamentaire ou gardien.

Liégeard, en effet, était certainement encore mineure, et devait avoir été tout au plus fiancée à Otton, mineur lui-même aussi1 2. Sa tutelle, la garde de son héritage princier, fuL en conséquence, et tout naturellement, confiée par son père à Hugues le Grand : « Princeps Burgundionum... commit tens regni sui monarchiam ( = principatum) in manibus Hugonis », lisons-nous dans les Annales de Sainte-Colombe de Sens3.

1 Fidèles ou vassaux , p. 31, 34.

* Cf. Lot, Derniers Carolingiens, p. 13, 18.

3 II n’est pas exact de déduire de ce texte que Gilbert « légua le gouvernement (monarchiam) de son royaume à Hugues le Grand » (Lot, op. cit., p. 34). La monarchia passait à la fille de Gilbert, pour arriver ensuite aux mains de son mari Otton. L’auteur de Y Historia Francorum Senonensis (1014-1034) ne s’y est pas mépris. Il a écrit dans sa chronique : « In ipso anno defunctus est Gislebertus, dux Burgundiæ, relinqucns ducatum Otton i fîlio Hugonis Magni » (Migne, 163, col. 858). Et c’est lui qui a ajouté cette phrase que M. Lot a attribuée aux Annales de Sainte-Colombe de Sens : « Habebat namque Otto filiam illius Gisleberti in conjugio ». Voici, du reste, le texte intégral des Annales, tel que Duru le donne :

955 : Isto anno mense Augusto obsedit prædictus Hugo civitatem Pictavis cum Francis et Burgundionibus contra Guillelmum comitem; ubi nequicquam agens, reversus est in Frantiam. Cum quo sequenti anno dies solempnes paschæ letos ducens Gislebertus princeps Burgundionum, prima ebdomada post pascha, feria tertia, subita morte præventus diem clausit extremum, regni sui monarchiam manibus prædicti committens Hugonis » (Duru, I, p. 205-206).

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