CHAPITRE I
LA FILIATION HISTORIQUE DE LA ROYAUTÉ TRANSJURANE ET SES RELATIONS DYNASTIQUES.
Telle qu’elle nous est apparue plus haut, comme subdivision de l’ensemble de la Bourgogne, la région entre la Saône, le Jura et les Alpes, devait former, à l’époque mérovingienne, un groupe particulariste où se survivait la grande Séquanie de l’époque gallo-romaine, la Provincia maxima Sequanorum. Sa marche était constituée par la transjurane proprement dite, l’ancienne région helvète entre les montagnes du Jura et les Alpes Pennines1, à la tête de laquelle nous trouvons un duc ( dux ultrajuranus ) du vic au vin0 siècle2.
Mais la région tout entière, qui comprenait l’archidiocèse de Besançon, s’est appelée jurane : Jitrus ou Jura, (■ Jurense territorium) 3, et le duc préposé à la marche ■étendait certainement son autorité sur elle4. C’est ce duché, reconstitué au milieu du ixe siècle, qui fut, en 888, transformé en royaume de Bourgogne5, et qui resta le noyau vital du royaume uni de Bourgogne et Provence, où l’on pourrait presque dire qu’il a joué un rôle analogue à celui de la Francie dans le royaume de France.
Je n’hésite pas, du reste, à reconnaître un lien étroit
1 Délimitée au nord par le Rhin, au sud par le lac Léman et le Rhône (César, I, 2).
2 Poupardin, Bourgogne , p. 6.
3 Cf. Ibid., p. 7.
2 Voy. T. III, p. 180 et suiv.