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LIVRE IV

- IV CHAPITRE II

On ne sait si c’est Rodolfe, roi de Bourgogne, ou Raoul, roi de France, qui, en 926, se serait trouvé à Worms à une assemblée tenue par Henri l’Oiseleur1. Mais ce doute même est significatif2. La présence de Rodolfe II ne serait pas plus un indice de suprématie germanique sur la Bourgogne, que celle de Raoul sur la France. De simples négociations suffiraient à l’expliquer, aussi bien que les rapports personnels nés de la possession de territoires souabes.

A tous les points de vue, du reste, la période qui suit le retour d’Italie de Rodolfe II est la plus obscure et la plus pauvre en documents de son règne. Elle forme une

santés facéties et d’insultantes bravades proférées en allemand ( lingua propria , hoc est teutonica ) par Burchard, sans qu’il se doutât que ses propos étaient compris par un loqueteux dont il ne se méfiait pas et qui les rapporta à l’évêque de Milan. Il se vantait de réduire les Italiens à un seul éperon et à chevaucher de mauvaises cavales; il se moquait de leurs remparts, au haut desquels il se faisait fort de les tuer par le seul jet de sa lance (Liutprand, Antapodosis , III, 14, Migne, 136, col. 841). Si c’est une légende populaire, elle témoigne, du moins, M. Poupardin le reconnaît, de l’antipathie et de la haine que la brutalité teutonne avait soulevées en Italie. Mais les érudits allemands ne veulent pas de l’excuse de la légende. Loin de mettre en doute l’historicité de l’anecdote, ils en lont honneur au beau-père de Rodolfe, comme ayant prouvé qu’il ne craignait pas les Italiens et comme s’étant montré d’une façon éclatante un valeureux guerrier, a den muthigen Kampfer aufs trefflichste kennzeichnen » (Trog, Rudolf I~v und Rudolf II von Ilochburgund, Bàle, 1887).

1 Le nom de Rodolfe ou Raoul figure en ces termes dans la souscription d’un diplôme de Henri Ier, du 3 novembre 926, en faveur de l’évêque de Coire : « Actum in civilate Vuormatia , præsente domno rege Ruodulfo » ( Diplom . regum et imper. Germanise, t. Ier [ed. Sickel], 1879-1884, p. 48). D’autre part, la chronique de Hermann de Reichenau se borne à noter : a 926. Burchardus dux occiditur., Henricus rex magnum conventum Wormatiæ habuit » (Migne, 143, col. 2123). C’est, je crois, tout ce que nous savons de cette assemblée.

2 Sur les opinions divergentes émises à ce sujet, voy. Poupardin, Bourgogne , p. 38, note 4.

l’expansion de la royauté transjurane. 371

sorte de tissure historique, qu’il nous faudra essayer de sonder ou de combler, entre le royaume de Transjurane et le royaume uni de Bourgogne et Provence.

Je voudrais auparavant considérer, au-dessous de la royauté, un principat qui a été appelé à de longues et éclatantes destinées, et qui présente dès lors, une importance primordiale pour les rapports de la Bourgogne jurane avec le regnum Francorum : le comté de Bourgogne, qui est devenu plus tard la Franche-Comté.

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