IV. — La Gascogne
Le trait caractéristique de cette région est d’être rigoureusement encerclée par la Garonne, les Pyrénées et l’Océan. Elle constitue donc une unité à la fois géographique et ethnique, abstraction faite du bassin de la Gironde qui, séparé par les Landes, forme un promontoire maritime et, au point de vue ethnographique, nous le verrons, une enclave. Une autre particularité renforce l’unité. Les voies transversales font défaut. Les rivières encaissées et courant parallèlement les unes aux autres, du Sud au Nord, pour se jeter dans la Garonne sont des obstacles naturels au lieu d’être des artères de grande circulation. Tous les autres cours d’eau, l’Adour et ses affluents, conduisent à l’extrémité sud-occidentale, au pied des Pyrénées, sans autre issue que la côte espagnole. Ce n’est que par Agen, Montauban et Toulouse, que la Gascogne peut communiquer librement avec la Méditerranée et la Provence.
Entre des puissances rivales, elle était donc condamnée à se replier sur elle-même si elle ne parvenait pas à rompre le cercle qui l’étreignait.