LIVRE IV
à Saintes1. Quant aux commandements militaires, c’est encore à Gérard, au fidèle évêque d’Autun, Modoin, assisté du comte d’Avallon, et à Rainaud, comte d’IIerbauge, qu’ils furent confiés2.
Comtes nouveaux et gouverneurs se heurtèrent à une résistance acharnée de la population et de leurs anciens chefs, qui, d’après la chronique d’Adon3, proclamèrent roi le jeune Pépin4. Une expédition dirigée contre l’Au-
1 Ces mesures nous sont connues par le texte C (Ms latin 5926) d’Adémar de Chabannes, qui n’est pas, comme le croyait Waitz, une interpolation du xue siècle, mais a pour base une rédaction très ancienne. Son témoignage paraît donc digne de foi (Voy. le passage dans l’édition Chavanon, 1897, p. 132, note e).
2 Nous l'apprenons par une lettre de Loup de Ferrière à Jonas, évêque d’Orléans (lettre 28, éd. Dümmler, MG. Epist . VI, p. 33) : « Aquitaniæ tutcla tripertito divisa est, secundum oportunitatem locorum, militariurn virorum multitudine distributa. Quarum uni parti, quæ apud Clarummontem agit, præest Modoinus... et Autbertus Avallensium cornes cum ali is quibusdam; alteri, quæ Lemovicis versatur, præsidet Gerardus, princeps quondam et carus Pipini regis cum sociis ad idem negotium idoneis; tertiæ vero prælatus est Reinoldus cornes Ecolesinæ constitutæ ».
3 u Pippino bis diebus mortuo, ad componendam Aquitaniam... cum exercitu ingreditur ( imperator ), quia contra voluntatem ejus Aquitani fîlium Pippini... rcgem sibi fecerant » (Adon, Chronicon, SS. II, p. 321).
4 L’érudit et tout récent historien des comtes de Poitou (Paris, 1903) M. Alfred Richard a avancé que « tous les grands d'Aquitaine » avaient été appelés à une diète à Chalon-sur-Saône (1er sept. 839), et que « gagnés en grande majorité à la cause du prince connu plus tard sous le nom de Charles le Chauve, ils le proclamèrent roi » (I, p. 13). — C’est une erreur que nos deux sources principales permettent de redresser aisément. D’après l’Aslronome, quelques-uns seulement des grands d’Aquitaine ( aliqui eora/n) avaient été invités à se rendre à la diète générale ( generalis conventus) convoquée à Chalon et, loin d’y signaler leur présence, le chroniqueur dit expressément qu’on n’a traité à cette assemblée que des affaires générales du royaume, et que les affaires d’Aquitaine ont été réglées dans le pays même ( deinde ad regni Aquitanici ordinem sese convertit) où Louis le Débonnaire s’est rendu avec son fils et a reçu les serments d’une