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LE ROYAUME D AQUITAINE

vergne ne produisit que des soumissions partielles, arrachées par les supplices qui furent infligés aux rebelles1.

Telle apparut, dans les années qui suivirent, la puissance du soulèvement national que Pépin II, quoique vaincu avec Lothaire à la bataille de Fontenoy (841) et dépouillé à nouveau par le traité de Verdun, put, en 844, remporter une victoire éclatante sur la fleur de l’aristocratie franque, et la décimer 2.

Charles le Chauve se vit contraint de renoncer, pour un temps, à ses prétentions de subjuguer T Aquitaine.

Dans une entrevue à l’abbaye de Saint-Benoît (Fleurysur-Loire), sur les confins de ce pays et de la Francie (juin-juillet 845), les droits de Pépin sur l’Aquitaine furent reconnus par le roi des Francs, sous la réserve des comtés de Poitiers, Saintes et Angoulême, « totius Aquitaniæ dominatum sibi peumis/t, præter Pictavos, Sanctonas et Ecolimenses »3, et après que Pépin eut juré à

partie des fidèles de l’Auvergne ( Vita Ludovici, cap. 6f ; H. F., VI, p. 122-123). — Nithard surtout a dû être mal compris, car il se borne à mentionner le passage à Chalon de Louis le Débonnaire et ne relate de prestation de serment qu’à Clermont : « Collecta manu valida, per Cavillonem, C larummontem cum Carolo ac matre paler petit , ac partem populi quæ ilium præstolabatur inibi benignè recepit » etc. (Nithard, I, 8 ; H. F., VI, p. 71).

1 Vita Lud. pii , loc. cit., p. 123. r

2 L’armée royale fut mise en pleine déroute. Ce désastre coûta la vie ou la liberté à une foule de grands de la Francie. C’est là que périrent Hugues,- abbé de Saint-Bertin, frère naturel de Louis le Débonnaire, et l'historien Nithard, le neveu de Charlemagne « cum aliis multis ex nobilibus » ( Annales de Fulde , p. 35), là l’évêque Ebroïn et Loup de Ferrière furent faits prisonniers et avec eux « alii non pauci nobiliurn » ( Annales de Saint-Bertin, p. 59). De l’armée entière, saisie de panique, un petit nombre échappa, tandis que Pépin n éprouva que d’insignifiantes pertes : « Pippinus... ila brevi eL absque suorum casu eum (exercitum ex Francia) profligav'.t, ut, primoribus interfectis, ceteros fugam ante congressum etiam ineuntes, vix paucis cvadentibus, aut caperet aut spoliatos sacramentoque adstrictos ad propri i redire permitteret » ( Annales de Saint-Bertin, p. 58-59).

3 Annales de Saint-Bertin, ad an. 845, p. 61-62.

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