LIVRE IV
Pour s’assurer la fidélité de Bernard de Toulouse, qu’il avait également appelé auprès de lui, il le gratifie du Carcasses et du Razès.
Vers 874, ce dernier Bernard meurt, sans laisser d’enfants, et M. F. Lot a émis l’hypothèse, très vraisemblable, que les deux autres se sont partagé ses possessions, Bernard de Gothie s’emparant du Toulousain et Bernard d’Auvergne du Rouergue h
Ils n’en étaient que plus forts vis-à-vis de la Couronne dans la crise redoutable qu’allait ouvrir la mort de Charles le Chauve (877). Le plus ambitieux des deux et le plus avide d’indépendance, Bernard de Gothie, se met en révolte contre le nouveau roi. Plus avisé que lui, Bernard d’Auvergne escompte ses dépouilles. Elles commencent à être divisées entre lui et le chambrier Thierry1 2 3. Puis, quand le rebelle est pleinement défait, Bernard d’Auvergne est mis en possession du marquisat de Gothie.
Sa puissance ne fit que grandir sous les règnes troublés de Louis 111 et de Carloman. Il combattit un autre révolté, Boson, et acquit de la sorte le Maçonnais (880) » et le Lyonnais4. Il put, en mourant (885), laisser à son fils Guillaume le Pieux un principat dont le chef non seulement dominait une grande partie de l’Aquitaine, mais les provinces voisines de l’Est et du Sud B.
1 F. Lot, Fidèles ou Vassaux , p. 110.
3 Annales de Saint-Bertin, ad an. 878, p. 272. Cf. plus haut, p. 328.
3 « Ejectis de Castro Matiscano Bosonis hominibus ipsum castellum ceperunt, et eum comitatum Bernardo cognomento Plantapilosa dederunt » (Ibid., ad an. 880, p. 284).
4 Poupardin, Bourgogne, p. 238.
a M. Lot considère que Guillaume le Pieux était peut-être le personnage le plus riche et le plus puissant de la Gaule » ( Fidèles ou Vassaux, p. 97).