‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 206 sur 244 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Guillaume le Pieux allait trouver un rival de puissance en Rannulfe II, que la parenté rattachait, du reste, à la maison d’Auvergne, puisqu’il était petit-fils du comte Gérard, souche de cette maison. Rentré après la mort de Charles le Chauve en possession de l’héritage paternel, Rannulfe acquit, après la mort de Wulgrin (886), qui coïncide avec la dissolution définitive de l’Empire carolingien, une situation prépondérante dans la région poitevine. Il voulut être alors un de ces rois nationaux que, selon l’expression célèbre de Réginon, les diverses parties du royaume tirèrent de leurs entrailles1, quand la tête de l’Empire disparut avec Charles le Gros. On l’a contesté à tort2 3. Ne remplissait-il pas toutes les conditions requises pour l’éclosion d’une royauté nouvelle8? l’autorité sur des populations dont le groupement ethnique avait été érigé en royaume par les rois Francs, son origine franque ou gallo-franque et sa parenté ou son alliance avec les Carolingiens, la soumission, en conséquence, de ses États à la suprématie franque et de lui-même à la prééminence carolingienne. J’ai mis suffisamment en relief pour l’Aquitaine la première de ces conditions; quant aux deux autres, l’ancêtre Gérard était un Gallo-Franc,

1 « Unum quodque (regnum) de suis visceribus regem sibi creari disponit » (Reginon, ad an. 888, p. 129).

2 Molinier, Histoire du Languedoc, t. III, p. 38, note 7.

3 T. III, p. 174.

Page 1