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LES RAPPORTS DE L’AQUITAINE AVEC LA ROYAUTÉ ROBERTIENNE

Guillaume le Jeune paraît s’être tenu entièrement à l’écart du mouvement politique qui a porté Robert Ier, puis Raoul sur le trône. Les chartes de l’Auvergne continuent à être datées du règne de Charles le Simple eu ne le sont que de l’ère chrétienne. Il en fut ainsi jusqu’en 924 *, et précisément nous savons par Flodoard que Guillaume II avait jusque-là refusé toute soumission à Raoul2.

C’est au début de cette année que le nouveau roi prépara une expédition dans l’Aquitaine pour briser la résis-

1 Voy. par exemple, dans le Cartulaire de Brioude les deux chartes du 19 septembre 922, n° 70 : « Anno XXV regni Karoli Francorum et Aquitanorum principis gloriosi », n° 99 : « Régnante Karolo rege Francorum et Aquitanorum principe », et la charte de 924 citée à la note suivante.

2 Aucune charte de Brioude n’est datée du règne de Robert, et la datation courante du règne de Raoul ne commence qu’en janvier 925 ( Cartul. de Brioude , nos 104 et 236). Nous trouvons encore en 924 une charte qui porte « régnante Karolo rege Francorum », avec, en tête, l’année de l’incarnation et Pindiction (n° 16, p. 38-39), ce qui est d’autant plus notable qu’elle émane de l’évêque de Clermont, Arnaud.

Quant aux deux chartes isolées où figure comme date la première année de Raoul (nos 167 et 169), Tune (n° 167) a été déclarée fausse par l’arrêt célèbre du 27 juillet 1704 contre P. de Bar, et l’autre (n° 169), que M. Bruel attribue au mois de juillet 923, je la crois beaucoup plutôt du mois de juillet 924, puisque Raoul n’a été élu que le dimanche 13 juillet 923 et que Charles le Simple n’a dû être emprisonné qu’en août ou septembre.

tance de son duc. Il se mit en campagne avec une armée nombreuse. Parti d’Autun au mois de mars1, il poussa jusqu’à la Loire. Guillaume l’y attendait sur la rive opposée, mais au lieu d’un combat, des pourparlers s’engagèrent. Pendant un jour entier furent échangés des messages qui aboutirent à des préliminaires d’entente. A la nuit tombante, Guillaume franchit le fleuve. Il met pied à terre devant Raoul et s’approche de lui, qui restait à cheval. Il « va donc à son pied », comme l’auraient dit nos chantres de geste. Le roi lui donne l’accolade et le duc retourne auprès des siens.

Le lendemain, Guillaume revient et l’on se met d’accord sur une trêve de huit jours. A l’expiration de ce délai, la paix est conclue. Le duc engage sa foi au roi (sese régi committit), le roi lui restitue le pagns et la cité de Bourges qu’il lui avait précédemment enlevés de force.

Tous les détails de ce tableau sont précieux, et nous avons pour garant de leur exactitude la présence dans l’armée du roi de Flodoard qui nous les a transmis2. Ils

1 Raoul était encore près d’Autun le 29 février, où il octroyait un diplôme au prieuré de Saint-Symphorien : « Actum apud Axigustoclunensem civitatem » (H. F., IX, p. 563).

2 « Rodulfus rex profeclionem parabat in Aquitaniam, quia Willelmus, ejusdem regionis princeps, subcli sibi differebat, qui comperto quod R. in Aquitaniam cum hnstili manu properaret, ei obviam super Ligerim venit, et, intercurrentibus alternatim legatis, tandem ad colloquium super ipsum flumen Ligerim intra Augustodunum convenere.

» Ubi tota die immorati, Rodulfus ex hac, W. ex ilia fluminis ora, nunciis utrimque progredientibus, sicque, die consumpta, (lumen tandem transiens, ad Rodulfumjam noctu pervenit, etequo desiliens, ad regem equo insidentem pedibus accessit; quem postquam rex osculatus est utrimque discessum.

» In crastino ad regem regreditur Wilielmus et, octo dierum acceptis induciis, post finitam ebdomadam, sôsc régi committit et rex illi Bituricensem pagum restitua, quem illi nuper, auxilio fretus Roberti, necdum tamen regis, vidempserat cum civitate Biturigis «(Flodoard, ad an. 924, éd. Lauer, p. 19-20).

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