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ET LE DUCHÉ DE NARBONNE

Quand, après la mort de Raymond III Pons (950), la maison de Toulouse n’éleva plus guère de prétentions au duché d’Aquitaine, le principat dont elle tenait la tête acquit de plus en plus son individualité propre, et accusa d.e jour en jour une situation plus indépendante au regard de la Couronne.

Ce principat comprenait à la fois l’ancien comté ou marche de Toulouse, avec ses dépendances ou ses annexes, et l’ancien duché de Gothie : le premier resté aux mains de la branche aînée, le second dont la branche de Rouergue s’était emparée sous le règne de Raoul ou de Louis d’Outremer. Nous allons voir que la fusion s’opéra après 1066, et que de là devaient sortir et le futur Languedoc, et la future pairie de France de la maison de Toulouse.

Il s’impose donc à nous de faire une place à part au principat de Toulouse-Gothie, à côté du duché d’Aquitaine1, pour la période qui s’ouvre à la mort de Raymond III Pons, et particulièrement en ce qui a trait aux rapports de ses chefs avec la Couronne de France.

Deux constatations, l’une négative, l’autre positive dominent ces rapports : le silence absolu des sources sur une relation politique, voire même personnelle, entre les chefs du principat et le roi, d’autre part la persistance générale et continue de la mention de la royauté dans les actes de toute la vaste région qui s’étend de la Garonne

1 Le duché de Gascogne et la marche d’Espagne (comté de Barcelone) trouveront place dans le prochain volume.

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