‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 26 sur 244 · SON APOGÉE SOUS BAUDOIN DE LILLE · texte numérisé non relu

SON APOGÉE SOUS BAUDOIN DE LILLE

Si je cherche en vain des rapports de vassalité, je constate, au contraire, un effort continu et heureux d’élever l’État flamand à la dignité d’un royaume1. Un double mouvement national se fait jour, de formation organique et d’expansion proche ou lointaine. La société se coordonne et se solidifie. Son ossature et ses artères se développent de concert. Ses points de suture se multiplient, et ce sont surtout les vil/æ fortifiées ou les castella avec leurs bourgs ou leurs ports marchands. La chair et le sang se renouvellent et s’élaborent dans les cellules économiques, corporations ou gildes, d’où ils s’épanouiront un jour en communes urbaines. En attendant, les groupes ethniques que représentaient les anciens pagi deviennent des cadres géographiques englobant les foyers de vie locale; leurs chefs, les anciens comtes ou leurs successeurs, font place à des vicomtes ou des châtelains et sont ainsi plus étroitement et plus hiérarchiquement subordonnés au prince; l’esprit de clan ou de faction et l’instinct de liberté commencent à fusionner et à s’élargir en un sentiment national plein d’énergie et d’audace. Une sève vivace circule qui cherchera à s’épancher au dehors par le négoce et par les armes.

1 Cf. la Vita Berlulfi (SS. XV, p. 638) : « Balduinus juvenculus qui ex successione hereditaria in principatu monarchiæ Flandrensis gratia Dei jam convaluerat ».

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