CHAPITRE III
avant que Valenciennes, puis la Zélande (Waleheren) soient donnés en fief à Baudoin pour assurer son aide (i anxilium ) à l’empereur1. Si l’on appliquait ici à la lettre le raisonnement qu’on a pris l’habitude de faire pour les rapports du roi de France avec le principat flamand, on en conclurait que le comte de Flandre est devenu, en 1007, un grand vassal, son comté un grand fief de la couronne de Germanie. En réalité, la conclusion ne serait pas plus exacte pour la Germanie qu’elle ne l’est pour la France. La seule chose vraie est que, des souverains de l’un et l’autre pays, le comte de Flandre pouvait tenir et a tenu effectivement des fiefs particuliers. Je ne vois donc pas comment on a pu arguer de l’invraisemblance qu’il y aurait eu « que les comtes de Flandre, relevant du royaume de France, fussent vassaux de l’Empire, mais non du roi de France »2. Ils l’étaient de l’Empire comme du roi de France, — à titre individuel, — sans même qu’au xii° siècle encore, d’après Brussel 3, le comte de Flandre dût être regardé comme homme-lige du second de ces souverains. Quant à un hommage pour le comté de Flandre, après avoir essayé en vain de le déduire des faits pour l’époque antérieure, on est obligé d’avouer qu’il n’en existe aucune « preuve directe », pour la période d’apogée qu’a atteint le principat flamand sous le successeur de Baudoin IV, son fils Baudoin V de Lille4.
L’union de Baudoin V, du vivant de son père (1028), avec Adèle, fille du roi Robert le Pieux, est la pierre
(Ibid., SS. VII, p. 406). — « Postea imperator, seditione suorum coactus, Valentianas Balduino beneficiavit, ut sibi contra motus suorum auxilio csset : postea ei etiam Walaciiras addidit » (Sigebert, loc. cit.). — La concession en bénéfice de Valenciennes est placée par Vanderkindere en 1009 et celle de Waleheren en 1018 (t. I, p. 92 et suiv.).
1 Voy. note précédente.
* Lot, Fidèles ou vassaux, p. 13.
3 Usage général des fiefs, t. I, p. 332.
* Lot, op. cit., p. 12.