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LE PRINCIPAT DE FLANDRE AU XI0 SIÈCLE

angulaire des relations de la Flandre avec le royaume de France durant près, de quarante années. Elle avait été entourée d’une pompe et d’un éclat qui en rehaussaient l’importance politique; elle fut, après l’avènement de Henri 1er, le lien solide qui unit les deux Etats et qu’un hagiographe du xne siècle a très bien caractérisé en rappelant un pacte d’amitié ( fœdus amicitiæ) 1 ; elle accrut les possessions du comte de l’importante cité de Corbie, apportée en dot par Adèle 2 et pour laquelle j'admettrai sans conteste qu’il dut faire hommage à Henri 1er; enfin, elle fit, pour sept années, de Baudoin Y le régent, Yinterrex du royaume de France et lui donna même l’expectative du trône3. Henri Ier lui confia la tutelle de son jeune fils Philippe, avec le gouvernement du royaume4, et cette double charge lui fut confirmée pai* les princes de la Gaule ( Galliæ optimates) , qui lui prêtèrent serment de fidélité, « sauf la foi due au jeune roi »B.

1 « Henricus, rex Francorum, qui patri suo Rotberto successerat in regnum, sororem nomine Adelam habuit, quam Flandrensium marchioni, Balduino scilicet seniori, nuptiali copula conjunxit (erreur de date, le mariage a été célébré dès 1028, Henri était seulement roi associé au trône) et ei Corbeiam, quæ regno suo adjacebat, pro dotali munere cum aliis pluribus concessit. Pro hac autem conjunctione rex et cornes fœdus inter se inierûnt, et magna inter eos viguit amicitia, quoad vixerunt. Sed... inter filios eorum, Philippum scilicet regem et Rotbertum comitem, fœdus ruptum est amicitiæ » ( Miracles de saint Adalhard, SS. XV, p. 863).

2 Voy. note précédente.

3 « Mortuo Henrico... fîlium ejus Philippum cornes Balduinus usque ad ætatem ejus regno habilem nutriendum suscepit, et regnum viriliter gubernavit, jurata sibi Pidelitate ab omnibus regni principibus , salva tamen fidelilate Philippi pueri si viveret, sin autem' utpote justo hercdi regni per uxorem » ( Flandria generosa (xu* siècle]; H. F., p. 388-389). — Il n’est donc pas question encore de l’exclusion des femmes du trône par la loi salique.

4 « Balduino Flandrensium duci, puerum cum regno ad tutandum commendavit » (Orderic Vital, t. II, p. 79).

3 D’après la Flandria generosa , c’est à la fois comme roi intérimaire ( interrex ) et comme roi éventuel que le serment de fidélité a

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