CHAPITRE IV
LA. TRANSMISSION DU POUVOIR COMTAL
La transmission du pouvoir de Baudoin de Lille à son fils, comme de ce dernier au sien, puis 1’avèriement de Robert le Frison vont être pour nous la meilleure pierre de touche qui permette d’apprécier la condition juridique de la Flandre par rapport à la Couronne. N’est-ce pas un fait extrêmement frappant que tous ces changements s’opèrent par le concours des volontés du prince flamand et de ses principaux vassaux ou sujets, en des assemblées nationales? que la seule intervention du roi de France soit une expédition guerrière, le jour où les deux éléments ethniques de 1a. Flandre, l’élément tiois ou nordique et l’élément wallon ou romain, sont aux prises? enfin, qu’après l’échec qu’il subit, le roi se soit hâté de reconnaître pour son ami et fidèle le nouveau comte que la nation flamande, devenue une, avait mis à sa tête?
Grâce à l’habileté et à l’énergie de sa politique antiallemande, Baudoin de Lille avait réussi, dès 1051, à mettre la main sur le Hainaut, en faisant épouser à son fils Baudoin le jeune la veuve du comte Hermann, et, en 1056, à faire ratifier cette conquête par Henri IV1. Pour assurer de son vivant la réunion des comtés de Flandre et de Hainaut en la personne de son successeur, et. pour obéir à la vieille coutume de sa maison de transmettre son héritage à un héritier désigné, aîné ou non
1 Vanderkindere , Formation territoriale , t. I2, p. 111-112.