CHAPITRE V
dresser la Gaule entière, le jour où les deux rivaux du rex Franconim se coalisèrent pour envahir son royaume1, et que l’enthousiasme populaire qui salua la victoire de Bouvines2? Cette tradition, il n’est pas douteux que la féodalité la battit en brèche et que, pour maintenir l’unité nationale du royaume, Philippe-Auguste victorieux dut l’incorporer en une monarchie féodale. Les grands fiefs alors remplacèrent les groupes ethniques qui gravitaient autour de la Fraude. Nous sommes devant un des grands tournants de l’histoire de France, celui qui a fait du xii6 siècle un siècle de renaissance et de Philippe-Auguste le fondateur d'une monarchie nouvelle.
1 A la nouvelle, en 1124, que les Allemands allaient envahir le royaume, ce ne fut pas seulement la Francie qui se leva, ce furent toutes les régions limitrophes, y compris la Flandre et la Bourgogne : l’Aquitaine, la Bretagne et l’Anjou ne furent retenues que par leur éloignement. Sept corps d’armée se trouvèrent réunis à Reims, autour de Louis VI, qui, pour la défense du royaume, avait pris sur l’autel de saint Denis l’oriflamme de la France. L’invasion allemande fut arrêtée net. — Il faut lire tout entier, pour juger de la spontanéité et de la puissance de ce mouvement national, le récit si vivant de Suger (éd. Molinier, p. 101-105, 142-144).
2 C’est de cette victoire que date l’assujettissement décisif de la Flandre à la Couronne. — Sur sa portée générale, voyez, suprà , (Introduction), p. 4.
l’avènement de la maison d’alsace.