‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 47 sur 244 · II. — LE COMTÉ OU DUCHÉ DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

II. — LE COMTÉ OU DUCHÉ DE NORMANDIE

Les conditions que nous avons vu présider en Flandre à la constitution du Principal et à ses relations avec la Couronne, nous les retrouvons à beaucoup d’égards en Normandie. Les ressemblances sont saisissantes; elles semblent presque la raison d’être des interminables luttes où les deux pays se débattirent. Les divergences ne frappent. pas moins ; elles nous permettent de pénétrer au plus profond des institutions et du régime politique.

Trois phénomènes principaux s’offrent à nous : le groupement et l’incorporation à la nation franque des populations et des territoires qui seront le cœur de la Normandie; — la naissance d’une nationalité distincte sous l’action des hommes du Nord ; — le rattachement du nouvel État par la suprématie royale et par l’action civilisatrice de la région parisienne au regnum Francorum, à la nation

française.

1 Le milléna;re qui a été célébré récemment à Rouen et commémoré par un monument littéraire, le Livre du millénaire de la Normandie (1911-1912), n’est pas, à vrai dire, celui de la naissance du duché de Normandie, mais celui de l’établissement légal des Normands sur un territoire détaché de la Francie, et de la pose par eux des premières assises de l’État normand. Cet État, j’espère établir, à l’encontre de l’opinion commune, que, pas plus que les autres principats de la Gaule, il n’a été, à l’époque que nous étudions, un grand fief de la couronne de France.

Page 1