‹ Les origines de l'ancienne FranceChapitre 49 sur 244 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

longue ceinture des côtes, qui enfoncent un éperon dans la mer, et d’où l’esprit d’aventure a jailli comme à jet continu, avec le courage qu’il nourrit, l'indépendance jalouse qu’il éveille, la circonspection que donne une expérience durement acquise, avec la richesse aussi qui en est le fruit, enfin — dernier trait — le courant civilisateur qui, parti de file de France et descendant la vallée de la Seine, s’est de là épandu sur le pays et que les Normands ont montré une merveilleuse aptitude à s’approprier, à s’assimiler, à transmuer.

Aucun des éléments que je viens d’énumérer n’a été étranger à la naissance des institutions de la Normandie, et tous ont imprimé leur marque à ses rapports politiques avec le regnum Francorum.

Laissant de côté la diversité énigmatique des races, j’observe que nulle région de la France n’a peut-être servi de réservoir à des nationalités plus diverses. Que les Ligures aient ou non occupé la Gaule entière à l’époque préhistorique, comme le veut Camille Jullian, il paraît en tout cas certain qu’ils se sont mélangés dans des proportions très variables, selon (.pie l’on considère la Haute ou la Basse Normandie, avec les envahisseurs Celtes du vi° siècle av. J.-C., et plus certain encore que les Belges , survenus deux siècles plus tard, ont prédominé sur la rive droite de la Seine. Ce fleuve, qui sera, au ix° siècle, la limite de la Neustrie carolingienne et de la Francie d’alors, sépare, vous le savez, lors de l’arrivée de César, les Belges des Celtes.

Pendant la période gallo-romaine, c’est la Basse-Seine, le pays de Caux, qui s’est romanisée en premier, à juger de l’importance de Lillebonne ( Juliobona ). Mais dès le 111e ou iv° siècle, Rouen devient la Métropole dé la deuxième Lyonnaise, laquelle, après s’être étendue de la Bresle à la Loire, se réduisit aux bornes plus étroites de la province ecclésiastique de Rouen. — La Haute Normandie, avec l’élément belge et romain, tient donc la tête. D’elle dépend

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