CHAPITRE II
LA. PREMIÈRE MAISON DE FLANDRE AUX IXe ET X° SIÈCLES.
Les populations que la Flandre devait grouper en faisceau étaient, jusqu’au milieu du ixe siècle, assujetties à l’autorité de comtes carolingiens ou de missi dont les circonscriptions pouvaient varier1 2, et nous sommes hors d’état de savoir à quels sujets commandait le comte Baudoin, Bras de fer, quand, « vassal » de Charles le Chauve, il enleva la fille de son suzerain. Nous ne savons pas non plus avec certitude quels « honneurs » lui furent octroyés après qu’à la sollicitation du pape Nicolas 1er, le roi eut consenti, en 864, à lui pardonner et à l'accepter pour gendre s. II est très vraisemblable pourtant qu’il possédait, d’ancienne date, une partie de la Flandre maritime3 et qu’il fut enrichi des dépouilles du camérier
1 Le troisième missaticum du capitulaire de Servais (853) comprenait le Noyonnais, le Vermandois, l’Artois, le Courtraisis, la Flandre, les comtés d’Eng'uerrand, et s’étendait aux comtés de Waltcaudus. Tel me paraît le sens littéral du capitulaire ( Capit . miss. Silvac., Mon. Germ., LL. II, p 275, éd. Krause).
2 « Rex... secundum leges sæculi eos uxoria conjunctionead invicem copulari permisit, et honores Balduino , pro vestra solummodo petitione, donavit » (864. Lettre d’Hincmar à Nicolas Ier; Miræus, Opéra diplom., t. I, p. 26).
3 Dans une de ses lettres à Charles le Chauve, Je pape Nicolas iuvoque, en faveur du pardon qu’il sollicite, le danger que ferait courir au royaume une alliance de Baudoin avec les Normands dont il pourrait faciliter les descentes : « Metuentes ne... ipse Balduinus impiis Nortmannis... se conjungat, et in populo Dei... aliquod ingérât periculum » (863, H. F., t. VII, p. 388).
F. — Tome IV.